Sol vivant : Les nutriments essentiels.

Une plante, pour se développer, échange avec le sol ses ions H+ contre de la nourriture (les nutriments). Sur la base de cet échange, toute plante qui vit et se nourrit acidifie son milieu.
La plante se nourrit de sels minéraux qui existent dans le sol sous forme d’ions et qui pénètrent dans les racines. De grandes surfaces racinaires et des systèmes actifs d’absorption expliquent l’acquisition des nutriments minéraux par les plantes. Des symbioses formées entre des bactéries ou des champignons (mycorhizes) et les racines, participent à l’acquisition de ces éléments minéraux.

Si le sol contient suffisamment d’humus les fluctuations entre les ions H+ (pH) et l’acidification du milieu seront absorbées et équilibrées par le sol. Dans le cas d’un sol vivant l’acidification naturelle, due à la croissance des pantes, sera bien compensée. Voir : Le sol vivant.
Petite précision : Compost ou humus ? L’humus est un compost entièrement décomposé. Même si vous ne voyez plus les déchets que vous avez ajoutés à votre compost, il faut en fait des années pour que ces produits se décomposent complètement et deviennent de l’humus.
L’humus signifie « terre » et « sol » en latin. C’est le résultat de la matière organique, il est riche en micro-organismes qui permettent aux plantes d’absorber les nutriments

Les nutriments essentiels : azote, phosphore et potassium.
Les principaux éléments nutritifs pour les plantes sont l’azote (N), le phosphore (P), le potassium (K). Si ces éléments sont consommés en grande quantité par les végétaux, les couvertures de sol, le compost, les extraits fermentés, ... en contiennent beaucoup.
L’air contient 78% d’azote mais les plantes ne savent pas l’utiliser (à part les légumineuses qui parviennent à le stocker dans le sol).

  • L’azote (N) est essentiel pour la photosynthèse. Les feuilles sont vertes parce qu’il y a de l’azote en suffisance dans le sol. L’azote favorise le bon développement des végétaux.
    Les apports riches en azote : l’herbe fauchée et la tonte de pelouse, les épluchures, le guano, l’urine, les algues, extraits fermentés d’orties, les engrais verts, apport de compost, ...
    Ces apports sont à faire au printemps.
  • Le phosphore (P) permet la croissance rapide des jeunes plants, il est important pour les fleurs et les fruits. Il entre dans la construction de l’ADN des légumes et les aides à s’approvisionner en énergie.
  • En début de saison les micro organismes se réveillant de l’hiver le phosphore n’est pas en quantité suffisante dans le sol.
    Les apports riches en phosphore : phosphate naturel, engrais verts (moutarde blanche, lupin, trèfle), extrait de fougère Aigle, cendre de bois (en petite quantité).
  • Le potassium (K) n’est pas un constituant des plantes contrairement à l’azote et au phosphore, il a une fonction de régulation chimique du CO2 et de l’eau dans les végétaux. Il contrôle l’assimilation de la chlorophyle, la résistance au froid et à la sécheresse et aux maladies. Le potassium se trouve naturellement dans le limon et l’argile.
    Les apports riches en potassium : cendre de bois (en petite quantité), extrait fermenté de consoude ou de bardane, mélasse de raisin ou de betterave, compost, fumier, urine.

Minéraux secondaires dont la plante a besoin pour sa croissance :

  • Le calcium. Il sert à la construction cellulaire de la plante. Il peut manquer en sol acide situation qui montre des feuilles tachées de petites marques jaunes entourées de brun.
    Pour augmenter le taux de calcium dans le sol les fientes de volailles sont efficaces comme les algues calcaires (lithothamne), la dolomie (un autre amendement minéral naturel).
Carence en magnésium et calcium Photo : DR

-* Le magnésium. Est un élément central de la molécule de chlorophylle pour les plantes vertes, il joue un rôle important dans la photosynthèse. Les melons et les tomates sont particulièrement sensibles au magnésium.
La carence s’observe sur les feuilles marquées de petites tâches nébuleuses jaune/rouilleentre les nervures des feuilles.
N.B. il y a peu de chance d’observer une carence en magnésium dans un sol vivant.
Pour augmenter le taux de magnésium le compost et le fumier font l’affaire.

  • Le soufre. C’est un oligo-élément bénéfique pour les plantes. Il participe à leur nutrition, notamment pour les légumes verts, et ne présente aucun risque d’accumulation dans le sol (contrairement au cuivre). Il favorise la construction des tissus (graines, liquide cellulaire), il est indispensable à la photosynthèse. Ils en sont friands :
    les crucifères, la moutarde et les plantes à bulbe (oignon, ail).
    Les carences en soufre sont marquées par le jaunissement des jeunes feuilles et par la couleur violette du pétiole. L’apport d’humus augmente et/ou équilibre le taux de soufre dans le sol.

Pour mieux comprendre le processus. Lire : Connaître la nutrition minérale des végétaux pour bien fertiliser
Par Jacques Boccon-Gibod