Vortex polaire... Pour des périodes de froid ?

Certains prévisionnistes météo évoquent, début 2026, "risque de période glaciaire" en février 2026, présenté comme exceptionnel. Derrière l’aspect "sensationnel" de cette information se cache un vrai sujet météo : combinaison possible entre un vortex polaire perturbé et un anticyclone russe très puissant. De quoi faire basculer brutalement l’hiver dans une période plus froide qu’à l’habitude de ces dernières années.

C’est quoi le vortex polaire ?
Le vortex polaire est une grande masse d’air froid qui tourne autour des pôles (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre). Il existe deux vortex différents : le vortex troposphérique et le vortex stratosphérique.
Le premier se trouve dans les couches basses de l’atmosphère et est actif toute l’année. Il est composé du jet stream, un courant de vent rapide qui sépare l’air froid polaire de l’air plus chaud tropical. Ce courant influence notre météo en déplaçant les masses d’air chaud et froid.
Le vortex stratosphérique, lui, se forme en automne et disparaît au printemps. Il tourne à haute altitude au-dessus des pôles. Selon Mehdi Mattou, météorologue, "un affaiblissement de cette circulation peut entraîner un réchauffement soudain de l’air à haute altitude". Ce réchauffement peut ensuite faire descendre de l’air très froid vers des régions plus au sud, y compris l’Europe.

Des prévisions difficiles avec le réchauffement climatique.
Après des records de froid, début 2026, en Scandinavie et en Russie (-42,8 °C), cette masse d’air glaciale pourrait atteindre l’Europe de l’Ouest. Ce courant d’air glacé pourrait emprunter le fameux corridor "Moscou-Paris" si un anticyclone s’installe au-dessus de la Scandinavie.
Le réchauffement climatique pourrait rendre le vortex polaire plus instable. Si la Terre se réchauffe, la différence de température entre les pôles et l’équateur diminue, ce qui pourrait rendre le vortex plus fragile.
"On s’attend à ce que le vortex polaire soit affaibli et donc qu’il ait tendance à être beaucoup plus instable", explique Mehdi Mattou. Cependant, de nombreux facteurs influencent le climat, comme la fonte des glaces et les courants océaniques, rendant les prévisions difficiles.
La vague de froid qui frappe l’Amérique du Nord peut protéger l’Europe.
Si la douceur résiste en France, fin janvier, début février, c’est en lien direct avec la situation météo en Amérique du Nord : une masse d’air polaire est en train de descendre sur les États-Unis et va finalement y être durable.
Cet air froid influence le comportement du jet-stream et ses ondulations. L’air froid du continent nord-américain fait remonter le jet-stream vers le nord, ce qui permet à l’air chaud du sud de l’Europe de remonter vers la France.
Tant que la masse d’air froid restera bloquée sur les États-Unis, de l’air doux et humide continuera à concerner la France.
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