Un potager solidaire à Madagascar (ACSF)
RESPECTS Occitanie a été sollicité par un membre du bureau d’Accompagnement Sans Frontières (ACSF) pour soutenir la démarche de son association dans le cadre d’un très beau projet de solidarité à Madagascar pour le collège Saint Charles Borromée.
Le projet est situé sur la partie ouest de l’île, une zone large et étalée, occupée par des plaines alluvionnaires à faible déclivité jusqu’au canal du Mozambique.
Un projet ambitieux mais tellement nécessaire.
"Ce projet vise la mise en place d’un périmètre maraîcher durable de 1 à 3 hectares dans le village de Marovoay (Commune de Bemanonga, Région Menabe). Doté d’un sol sablonneux favorable, d’un puits fonctionnel et d’un bon ensoleillement, le site présente un potentiel important pour des cultures maraîchères à forte valeur ajoutée (tomate, oignon, carotte, brèdes).
L’objectif est de créer une activité productive gérée collectivement par les femmes du village, dans une logique d’agroécologie, de résilience locale et de lutte contre la pauvreté. Le projet est soutenu par les autorités locales et respecte les réglementations environnementales en vigueur."
"Ce projet agroécologique répond à un double besoin : celui de la sécurité alimentaire et de l’autonomisation économique des femmes rurales. Il se veut simple, reproductible, à impact rapide, et respectueux des ressources naturelles. L’implication d’investisseurs engagés est essentielle pour assurer sa mise en œuvre rapide et durable." Extrait d’une note de l’ACSF. Site web de l’ACSF.
Description du site de maraichage et climat :
- Sol : Sablonneux, profondeur exploitable jusqu’à 1 mètre
- Puits : 35 m de profondeur, débit de 3 à 4 m³/h (suffisant pour 1 ha/jour)
- Climat : Tropical sec, 700-800 mm/an, températures moyennes 26-28°C
- Relief : Plat, risques de ruissellement ponctuels
- Accès : Facile, communautaire
- Végétation actuelle : Moringa, manguiers, manioc, maïs.
Climat sur la grande région de l’Ouest
Moins pluvieuse que la côte est, la partie ouest de l’île profite d’un relief de pentes douces. La région de Morandava, est protégée par l’Ankaratra, une chaîne de montagnes du centre de Madagascar. Les cyclones et les alizés ne parviennent pas (toujours) à s’infiltrer. La pluviométrie est réduite, entre deux à trois fois plus faibles que sur la côte opposée. Les pluies sont concentrées entre les mois de décembre et mars. Cette région est caractérisée par des écarts de températures importants, avec un mercure qui pourra se rapprocher des 10 °C à la saison la plus fraîche, ou au contraire avoisiner les 40 °C. La côte ouest est la région la plus sèche et la plus ensoleillée de Madagascar.
Plan d’amélioration des sols et de gestion durable
- Compostage local : Mise en place de bacs à compost pour transformer localement les déchets organiques (fumier, feuilles sèches, résidus de récolte) en amendement naturel. Le compostage sera réalisé selon un protocole simple en andains ou dans des fosses, avec brassage régulier.
- Paillage systématique : Utilisation de matériaux disponibles localement (paille de riz, feuilles sèches, résidus de culture) pour couvrir le sol entre les plantations. Ce paillage réduit l’évaporation de l’eau, limite la pousse des adventices, améliore la structure du sol et contribue à l’apport de matière organique.
- Cultures associées : Introduction de plantes légumineuses (haricot, pois, arachide) en association ou en rotation. Ces plantes enrichissent le sol en azote grâce à la fixation symbiotique et participent à la diversification de la production et à la prévention des maladies.
- Haies brise-vent : Plantation de haies végétales (vétiver, manioc, moringa) en périphérie des parcelles pour réduire l’érosion éolienne, protéger les cultures du dessèchement et offrir un habitat à la biodiversité locale.
- Drainage de surface : Création de fossés peu profonds autour ou entre les planches de culture pour évacuer l’excès d’eau pendant la saison des pluies, prévenir la stagnation et réduire le risque de salinisation des sols.
Extrait d’une note de l’ACSF. Site web de l’ACSF.
Propositions de J. Solomiac (12/01/2026) pour le Jardin des Violettes
"Toute les données que vous avez fournies montrent la détermination à conduire ce projet vers la réussite.
Pour faire simple et dans l’esprit bien compris de cet objectif il est important d’accepter que toute culture vivrière ne peut réussir (s’épanouir) que sur un sol vivant.
Les principes de l’agroforesterie (ou forêt jardin) semblent ici tout à fait adaptés.
Pour démarrer :
- Se limiter à des parcelles de test (sans perdre de vue le projet d’ensemble) ; ce qui implique de travailler une conception de l’espace global et des zones de cultures qui tiennent compte de l’exposition, des vents dominants, de la pente, accès à l’eau … Délimiter une ou deux zones pour créer immédiatement du sol vivant (taille en fonction de la mobilisation humaine), apporter toute la biomasse disponible (feuilles, bois mort, excréments, compostage,...), en couche, comme les « lasagnes ». La mise en culture peut être rapide avec des légumes faciles (pommes de terre, haricots, …) ;
- Observer l’évolution et les résultats, pour éviter de reproduire les erreurs.
- Anticiper. Parallèlement préparer les semis/plants des futures cultures vivaces : vétiver, fruitiers, légumes perpétuels (le Yacon ou poire de terre serait adapté) … Préparer le sol des zones de culture suivantes (avec l’expérience des précédentes, moins les erreurs) …
Choix de cultures.
En mode d’agriculture vivrière, il est important de semer/planter des végétaux qui produisent (vite) du comestible et/ou qui ont un rôle déterminant dans la conduite du projet.
C’est le cas du vétiver (aux multiples usages). Il est très efficace pour contrer l’érosion des sols, grâce à ses racines profondes et fasciculées. Outre ses usages locaux (chaume pour toitures) il est très utile pour pailler les sols et il peut être utilisé en phytoépuration ! A proximité de toilettes sèches par exemple.
Pour les arbres fruitiers, dans l’esprit de la forêt jardin, le figuier s’adapte facilement aux sols secs et caillouteux/sableux, pourvu qu’ils soient profonds. Et il se contente de peu.
Le feijoa, l’arbousier, sont des "passe-partout" qui produisent beaucoup une fois installés.
Le Dovyalis caffra (Pomme caffre) est adapté aux climats chauds et secs et supporte bien une large gamme de sols, pourvu qu’ils soient bien drainés, le Tabernaemontana elegans (Arbre Crapaud) s’adapte bien aux sols bien drainés et tolère des périodes de sécheresse.
Le Paulownia est une espèce pionnière qui régénère les sols. C’est le roi de la permaculture. Le feuillage du paulownia est approprié à la préparation de fourrage animalier, il contient environ 20% de protéines de qualité qui sont similaire à celles de la luzerne.
Et le figuier de barbarie est à la fois une barrière naturelle, ses fruits sont comestibles et les palmes peuvent nourrir les animaux (presque parfait).
Expérimentations envisageables :
Au vu des courbes climatiques et hydrologiques l’expérimentation de plusieurs campagnes successives semblent possibles.
L’exemple des tomates, avec un semis de variétés hâtives en aout/septembre pour une récolte en novembre/décembre et un semis (sous abri) en janvier de variétés tardives, résistantes à la sécheresse, pour une récolte en mars/avril/mai. Le but de cette expérimentation serait de tester la possibilité d’avoir des tomates (fruit facile à cultiver) le plus longtemps possible en évitant les mois de fortes pluies (janv. et février) et les mois de forte sécheresse.
Expérimentation qui peut être reproduite sur d’autres légumes selon les premiers résultats et les besoins (haricots, carottes, brèdes), seuls ou en association.
Participation (semences)
RESPECTS Occitanie fournira des graines de vétiver (variété Chrysopogon zizanioides), litchis, plaqueminier, figuier de barbarie,kiwano (concombre du Kenya), luffa cylindrica (courge éponge), tomates (précoces et tardives).
Pour s’inspirer, en video :
- Créer un jardin hors sol sur du béton : Fabriquer de la terre sur du béton et parvenir à récolter en 100 jours, 100 kg de légumes sans argent et sans intrant ? François Rouillay et Sabine Becker ont tenté l’expérience sur un terrain de tennis à Aigues-Mortes en 2018 et 2019 en utilisant toutes les techniques de la permaculture.
Un film de Marc Khanne.

