Un dollar pour protéger la biodiversité, trente dollars pour la détruire !?

Le dernier rapport de l’IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) se concentre sur les liens entre les entreprises et la biodiversité et les rapporteurs déplorent un statu quo voire des entraves à la prise en compte de la biodiversité par les entreprises alors que toutes les activités humaines dépendent de la nature. Extrait : goodplanet.info

L’IPBES est pour la biodiversité ce que le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) est au climat, c’est-à-dire un organe scientifique dont la vocation est d’éclairer les gouvernements sur la crise de la biodiversité.

Un dollar pour le vivant, ... une trentaine pour sa destruction.
D’après l’IPBES, à l’échelle mondiale, les financements qui nuisent à la nature sont trente fois supérieurs à ceux consacrés à sa préservation. Dans le rapport « Entreprises & biodiversité », l’organisation scientifique constate que le fléchage des flux financiers est défavorable au vivant : "220 milliards de dollars de flux financiers publics et privés ont été orientés en 2023 vers des activités contribuant à la conservation et à la restauration de la biodiversité". Dans la même année, "les flux financiers mondiaux publics et privés ayant des impacts directement négatifs sur la nature ont été estimés à 7 300 milliards de dollars, dont 4 900 milliards de dollars de financements privés et environ 2 400 milliards de dollars de dépenses publiques en subventions néfastes pour l’environnement."

Conséquences des activités humaines sur le tissu vivant.

La demande de croissance est le seul credo des productivistes. Le résultat : artificialisation des sols, destruction des milieux naturels, pollutions diverses, effets sur le climat et perte irréversible de biodiversité.
Une croissance sans limite ne peut pas s’inscrire durablement dans un monde fini.
Le constat des effets négatifs de nos activités sur la vie qui nous entoure est très ancien... La production de biens exige de consommer toujours plus de ressources naturelles, de matières premières et d’espace alors que tous ont des limites et sont de plus en plus difficiles à obtenir. Elle produit des déchets en quantité sans cesses plus importante dans un monde ayant une capacité limitée à les absorber et au prix de modifications profondes de son fonctionnement. C’est ce que montre le défi climatique.
La production des biens devrait s’inscrire dans les limites des ressources disponibles, être locale chaque fois que possible, et focalisée sur ce qui répond aux exigences du bien-être.

Changement indispensable

"Il faudrait idéalement aller vers une société plus autonome capable de réévaluer ses priorités et ses décisions à l’aune du bien-être des humains et non-humains, dans ce qui a pu être vu comme une sobriété heureuse.
Ces changements de pratiques vers plus de sobriété sont souvent décrits comme nécessitant de gros efforts. Est-ce une certitude ? Sommes-nous vraiment condamnés à faire en voiture des trajets qui n’excèdent pas cinq kilomètres, ou pouvons-nous libérer le cycliste ou le piéton enfermé dans ces voitures ? Sommes-nous condamnés à respirer un air pollué ? Sommes-nous condamnés à produire une nourriture susceptible de nuire à notre santé et à détruire nos sols et la biodiversité pour continuer à alimenter des flux financiers ? Sommes-nous condamnés à une planète surchauffée ? Sommes-nous condamnés à la stratégie de conquête et de compétition en lieu et place de solidarité et de coopération ? Une ville avec un air respirable et plus hospitalière à la vie, des espaces naturels fonctionnels et accueillants, une nourriture plus saine, dont nous connaitrions l’origine et les pourvoyeurs, une nature qui ne soit plus réduite à des ressources et une société où le respect de la vie et du bien-être seraient devenus non-négociables, seraient-ils synonymes d’effort ou de libération ?"
Extraits : GoodPlanet.info