Un banc - Qu’est-ce que ça change ?

Chocas Viviane, Ed. Labor et Fides, 10 euros.
Dans nos vies impatientes, vibrantes d’urgences jusqu’à saturation, il existe un dispositif, un objet, un tiers lieu qui résiste à la pression.
Le banc fait dissidence. Après des dizaines de révolutions de son architecture comme de ses usages, il reste, en dépit des obstacles, un condensé de simplicité, d’accessibilité, d’utilité, de mystère.
S’asseoir sur un banc, c’est à la fois entrer chez soi et partager un monde.
Sondant la littérature, la peinture, la photographie ou le cinéma, Viviane Chocas révèle le banc comme réservoir de corps à « mémoire de vies » : il en sait long sur l’homme, sa bêtise et sa grâce, ses peurs et son hospitalité, son autosuffisance et sa crainte de manquer.
Dans ce texte tout aussi pertinent qu’impertinent, l’autrice parvient à changer notre regard sur cet objet si familier qu’on ne le voit pas tel qu’il apparaît soudain : un objet à la fois intime et politique qui contourne autant l’individualisme que les vœux de performance, et devient l’un des rares espaces d’hospitalité et de gratuité de nos sociétés contemporaines.