S’adapter (toujours) : le projet européen URBLOOM

Avec des étés toujours plus chauds et secs, les jardins vont devoir s’adapter et les jardiniers aussi. Quelles plantes, quels arbres et quelles techniques sont testés par des professionnels ?

Gazons jaunis et dégarnis, plantes écrasées par la chaleur et la sécheresse, arbres en stress hydrique, potagers à la peine, tous les jardins souffrent. Les mesures de restriction d’eau prises dans plusieurs départements limitent encore plus la capacité à sauver les massifs d’agrément et le potager.
Pourtant des jardins à caractère scientifique expérimentent des plantes résistantes à la sécheresse pour observer si elles peuvent être candidates pour nos jardins secs l’été et froids l’hiver.
Karim Benkhelifa, responsable des collections tempérées du Jardin botanique Jean-Marie Pelt à Villers-es-Nancy indique que des plantes comme la verveine de Buenos Aires, la sauge, la cinéraire, des graminées et sédums montrent leur capacité à survivre en pleine sécheresse.

Arroser moins, mais mieux
L’astuce des jardiniers du jardin botanique est simple : ils misent sur des arrosages "copieux mais très espacés" pour obliger les plantes à développer leurs racines en profondeur. Même pour les tomates une fois tous les 15 jours peut suffire à condition de respecter cette règle. Si on arrose tous les jours, la plante va développer des racines en surface et vite souffrir de la sécheresse. Le sol doit aussi systématiquement être protégé par un paillage, qui limite l’évaporation. Une méthode qui avait déjà permis aux massifs de tenir lors de la sécheresse de 2022.
Pour les arbres, les deux premières années sont cruciales : "Une fois tous les quinze jours, mais copieux", insiste le responsable des collections tempérées. Les arrosages se font après la tombée de la nuit, pour une meilleure pénétration de l’eau.
Extrait : France3 Régions

URBLOOM : un projet pour des platebandes fleuries adaptées aux sécheresses pour les pollinisateurs.
Le projet européen (2026-2029), dont l’Université de Lorraine est porteuse, va explorer dans neuf villes européennes* des platebandes fleuries créatives et résilientes visant à combiner attractivité pour les pollinisateurs, résistance à la sécheresse, et gestion durable pour une conservation efficace de la biodiversité urbaine.
Compte tenu du déclin mondial des pollinisateurs au cours des deux dernières décennies, des études récentes ont suggéré que les espaces verts urbains pourraient servir de refuges pour les pollinisateurs. Les plantes à fleurs ornementales peuvent attirer divers groupes de pollinisateurs, mais elles nécessitent un arrosage fréquent et peuvent ne pas bien s’adapter à l’effet d’îlot de chaleur urbain et au changement climatique.

Lire plus : Université de Lorraine.