"Quatre millimètres à peine"

Amélie Antoine, Ed. Syros, 15,95 euros.
"Du jour au lendemain, tout peut changer.
Du jour au lendemain on n’est plus soi, une adolescente, une élève, une sœur, une amie… mais une étrangère, une indésirable.
C’est un roman dur qui ne cherche pas à enjoliver la réalité cruelle de l’exil. Amélie Antoine sait faire de la pédagogie sans ménager son lecteur. Elle décrit le scandale quotidien de personnes qui risquent et parfois perdent leur vie dans le but d’un avenir meilleur. Face à cette injustice, il y a le choix : se résigner ou s’armer d’humanité.
Amélie Antoine a placé ses personnages sous les auspices de la poésie, celle de Warsan Shire, autrice britannique d’origine somalienne… Un court extrait de son poème "Home" figure en exergue du roman, je vous en cite quelques mots en guise de conclusion :
"Je veux rentrer dans mon pays, mais mon pays, c’est la gueule d’un requin. C’est le canon d’un fusil. Personne ne quitterait son pays à moins que son pays ne le pourchasse jusqu’au bord de l’océan."
Lorette et Mylène sont dunkerquoises, elles rentrent d’un mariage. La famille afghane rentre aussi chez elle, au campement, après une tentative de traversée de la Manche interrompue par la police.
Ils sont trempés, épuisés. Alors Lorette supplie sa mère de ne pas les laisser dans la nuit, de les emmener avec elles pour leur offrir un peu de repos.
Cette rencontre va bouleverser la réalité de l’adolescente. Bien sûr, elle sait qu’il y a des camps sur la côte, que des exilés cherchent à rejoindre l’Angleterre. Mais c’est la première fois qu’elle rencontre une famille, qu’elle met un visage sur les chiffres et les histoires entendues aux infos...