"On est en train de vivre l’une des années les plus froides du reste de notre vie"
La citation (dans le titre) est une alerte de Magali Reghezza-Zitt, géographe et ancienne membre du Haut conseil pour le climat de 2019 à 2023. Elle évoque notre change de vivre l’une des années les plus froides alors que
ce 21 juin 2026, 49 départements français sont placés en vigilance rouge canicule, et 40 en vigilance orange. Des records de températures ont été relevés, jusqu’à 42,2°C dans le Cher, et la nuit a été exceptionnellement chaude, selon Météo France.
La géographe poursuit : "Oui, effectivement, on bat des records, et ce n’est pas un scoop, puisque les scientifiques l’annoncent depuis 30 ans." "Cet événement qu’on appelle historique, il est effectivement historique puisque ni vous ni moi ne l’avons jamais vécu, mais ça va devenir un événement quasi normal en 2050", Elle rappelle la nécessité de freiner le réchauffement climatique. "Tant qu’on rajoute de l’essence dans le moteur du réchauffement climatique, le climat se réchauffe, et plus le climat se réchauffe, plus ces événements vont devenir fréquents, précoces, intenses et longs."
Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences, directeur de recherche au CNRS de compléter : "Ce n’est pas un épisode, c’est quelque chose qui s’ouvre et qui n’a pas de fin. C’est évident, et ça, on le sait depuis plus que 30 ans en vérité, depuis les années 70, on sait exactement ça".
La climatisation en questions...
Si "La climatisation va être amenée à se développer", dit Vincent Jeanbrun, ministre de la Ville et du Logement, lors de sa présentation de mesures pour faciliter l’adaptation des logements au réchauffement climatique. "La climatisation, c’est un bon exemple où on voit que transition et adaptation, ça ne se rejoint pas forcément".
"Oui, c’est une manière effectivement d’adapter un bâti qui n’était pas fait pour vivre 50 degrés à Paris, après, ça réchauffe l’environnement urbain, ça consomme de l’énergie, ça utilise des substances chimiques qui ne sont pas toutes sympathiques, des fluides frigorigènes fluorés. Fluides qui sont les premières sources d’émissions de PFAS." Selon Jean-Baptiste Fressoz.
L’indispensable adaptation pour atteindre la neutralité carbone.
Magali Reghezza-Zitt rappelle : "Le problème de l’adaptation, c’est qu’aujourd’hui, on met des pansements. On gère l’urgence, on gère des crises, et pour l’instant on a la chance d’avoir des services de secours qui tiennent, on a la chance d’avoir des hôpitaux qui tiennent, on a la chance d’avoir une solidarité nationale qui fait que ça tient encore. Mais l’adaptation, ce n’est pas juste de mettre en place des solutions purement réactives, et puis s’adapter à quoi ? Parce que quand on aura 50 degrés en 2050, ça ne sera plus la même limonade". Au-delà de ça, tant qu’on fait de l’adaptation sans derrière mettre en place les moyens d’arriver à cette fameuse neutralité carbone, ça ne marche pas".
Plus d’infos : Les chiffres clés du changement climatique (Météo France).
Quel climat futur en Occitanie 2050 et 2100 ? (Météo France)