Niveaux records de surfaces brûlées entre janvier et avril 2026.
Depuis le 1er janvier 2026, plus de 150 millions d’hectares de végétation ont été ravagés par les flammes à travers le monde, selon une alerte de l’Organisation des Nations unies (ONU).
2026 est partie pour être une année hors norme sur le plan climatique.
Pour ces scientifiques de l’Organisation météorologique mondiale, de l’ONU Climat et de l’Imperial College de Londres, 2026 est déjà une année extraordinaire, avec le mois de janvier le plus chaud de l’histoire au Groenland, des températures au-dessus de 40 degrés en Australie, 46° en Inde et un hiver trop doux aux États-Unis. Il y a déjà eu des feux très importants au Nebraska, en Floride, en Géorgie, mais aussi des incendies précoces au Chili et en Argentine.
150 millions d’hectares c’est deux fois plus que la moyenne pour la même période, selon Global Wildfire Information System. "Dans certains pays, comme les États-Unis et le Nigéria, la surface brûlée a déjà doublé par rapport à 2025. D’un côté, il y a l’augmentation des incendies liée au réchauffement climatique, mais il y a un deuxième facteur qui est important, c’est aussi que le stress continu du réchauffement climatique sur les arbres augmente leur mortalité" d’après la climatologue Davide Faranda.
La tendance est particulièrement marquée en Afrique, avec des niveaux records dans de nombreux pays de l’ouest et du Sahel.
Aux États-Unis, la saison s’est ouverte avec une intensité inédite : les incendies ont déjà brûlé 127 % de superficie en plus en 2026 par rapport à la moyenne sur dix ans, après l’un des hivers les plus chauds et secs jamais enregistrés dans l’Ouest. En Floride, près de 120 000 acres ont brûlé depuis le début de l’année, tandis qu’en Géorgie, deux grands incendies ont ravagé plus de 50 000 acres.
El Niño pourrait encore amplifier le phénomène.
Le pire reste (peut-être) à venir. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les températures de surface dans le Pacifique équatorial augmentent vite, situation qui peut annoncer le retour d’El Niño dès la période de mai à juillet 2026.
« La probabilité d’incendies extrêmes et dangereux pourrait potentiellement être la plus élevée de l’histoire récente si un El Niño puissant se développe », juge Theodore Keeping.
Selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), les experts prévoient une augmentation mondiale des incendies extrêmes pouvant atteindre 14 % à l’horizon 2030, 30 % d’ici à 2050 et 50 % d’ici à la fin du siècle.
« Ces chiffres sont une preuve encore plus flagrante que le réchauffement climatique — alimenté par la pollution due au charbon, au pétrole et au gaz — ravage une proportion stupéfiante de territoires nationaux », alerte Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).
Un dernier exemple : les Everglades en feu (10 mai 2026)
Lire plus sur le portail Géorisques