Les ravages de nos engrais.
Essai - (des mines aux champs, sur les routes des phosphates). Arianna Poletti, Ed. Payot, 19,90 euros.
"La France importe 95 % de ses engrais phosphatés, et la plupart viennent du Maroc. Cette relation quasi exclusive plonge ses racines dans l’histoire coloniale liant les deux pays, mais elle s’est encore renforcée depuis que le président français Emmanuel Macron a apporté son soutien au plan marocain pour le Sahara occidental, en juillet 2024. De l’autre côté de la Méditerranée, le Maroc, qui possède 70 % des ressources mondiales en phosphate, a donc fait de cette matière première un levier essentiel pour son développement économique. À la tête de cette industrie, l’Office chérifien des phosphates (OCP), devenu numéro un mondial du marché, emploie des milliers de travailleurs et accompagne le développement de l’État. Un essor qui se paie au prix fort pour les salariés et les populations locales, contraintes de travailler et de vivre au milieu des déchets toxiques et des rejets radioactifs. D’un bout à l’autre de la chaîne de production et d’une rive à l’autre de la Méditerranée, l’industrie des phosphates prospère donc, en dépit de ses conséquences sanitaires délétères."
Du Maroc à la France, de la Tunisie à l’Italie, en passant par l’Éthiopie et le Liban, ce livre retrace la chaîne de production des phosphates. Des mines aux champs, il souligne les origines coloniales de cette industrie, qui continuent de façonner les pratiques, et en révèle les effets délétères sur les humains et la planète.
