Légumes qui supportent la sécheresse
Le changement climatique est une réalité incontournable, tout comme ses conséquences sur les écosystèmes. Adapter son jardin vivrier est une nécessité pour que celui-ci devienne résilient, robuste et apte à supporter les bouleversements du climat, actuels et futurs, mais aussi pour nous nourrir durablement.
Adapter son jardin c’est avant tout améliorer la qualité du sol pour qu’il soit vivant. Régénérer un sol c’est augmenter la fertilité, la vie biologique, la capacité à retenir l’eau et le carbone.
Un sol cultivé doit être un véritable milieu vivant, peuplé de vers de terre, de champignons et d’une multitude de micro-organismes. C’est cette vie qui fait toute la fertilité du sol. Pour favoriser la bonne conduite d’un potager il faut entretenir et reconstituer le capital naturel du sol, plutôt qu’à l’épuiser. Si le sol est vivant, riche du nécessaire et retient l’eau comme une éponge, les légumes seront dans les meilleures conditions.
Chercher des variétés qui sont mieux adaptées à la chaleur, au manque d’eau est une solution mais il faudra aussi tenir compte des décalages des saisons et peut-être cultiver moins son potager l’été et se concentrer sur le printemps et l’automne/hiver. Il faudra essayer, au risque de se tromper et s’adapter au fil des saisons et des expériences probantes.
Liste de quelques légumes susceptibles de supporter la chaleur et le manque d’eau. Cette liste évoluera et sera adaptée aux résultats des recherches des bénévoles du Jardin des Violettes.
- Légumes-fruits : champions de la résistance : tomates (Précoce de Quimper, Maja, Marmande, Tigrella bicolore, Black cherry, Cherokee purple, noire de Crimée, Purple calabash, Yellow 1884, Green sausage, Roma, Mikado violetor, Brandywine, Yellow pear (poire jaune), Principe Borghese, Green zebra, Stupice), poivrons, aubergines. Les courgettes et les courges méritent également une mention. Leurs larges feuilles créent un microclimat ombragé au sol qui limite l’évaporation. Une courgette adulte peut se passer d’arrosage pendant 8 à 12 jours en été, selon les températures. Les courges "moschata" résistent naturellement à la chaleur : courge longue de Nice, butternut, musquée de Provence, courge tahitian,
- Légumes feuilles : artichaut ; chou vivace, chou de Bruxelles ; tétragone ; le chou pommé ; chénopode Bon-Henri ; oseille ; chou marin ; laitue romaine ; mâche, épinards, roquette, pourpier, laitue cressonnette marocaine, l’amarante à feuille est une source d’alimentation inégalable ...
- Légumes racines : hélianthis ; l’oca du pérou ; carotte ; betterave rouge ; topinambours ; persil tubéreux ; vitelotte ; capucine tubéreuse ; topinambour ; chervis ; souchet comestible ; radis d’hiver, navets (Boule d’Or), la patate douce peut maintenant être cultivée partout en France.
- Légumes graines : lentille ; pois ; pois chiche ; soja potager ; ...
- Bulbes : ail ; échalote ; oignon ; oignon rocambole ; ...
Points de vigilance
- Arrosage excessif au démarrage : Paradoxalement, trop arroser les jeunes plants les rend dépendants de l’eau. Il est recommandé de réduire progressivement les apports dès la 3e semaine après plantation, pour encourager l’enracinement en profondeur. Un arrosage copieux mais espacé (tous les 7-10 jours) vaut mieux que des apports quotidiens superficiels.
- Sol non préparé : Planter des légumes résistants à la sécheresse dans un sol compact ou argileux non travaillé limite leur potentiel. Les racines ne peuvent pas descendre chercher l’humidité. Un travail du sol à 30-40 cm de profondeur, associé à un apport de compost, améliore significativement la rétention d’eau et la pénétration racinaire.
- Absence de paillage : Même les espèces les plus tolérantes souffrent si le sol nu est exposé au soleil direct. Sans paillage, la température de surface peut atteindre 50-60°C, desséchant les premiers centimètres du sol en quelques heures. Une couche de paille, de foin ou de BRF (Bois Raméal Fragmenté) de 8-10 cm d’épaisseur est indispensable.
- Mauvais choix variétal : Toutes les variétés d’une même espèce ne se valent pas face à la sécheresse. Les hybrides F1 à haut rendement sont souvent plus exigeants en eau que les variétés anciennes ou les populations locales adaptées au terroir. Il est conseillé de se tourner vers des semenciers spécialisés en variétés anciennes plus résistantes.
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