Le vivant poursuit son déclin

L’été 2026 a été marqué par une succession d’événements extrêmes : vagues de chaleur, sécheresse, incendies, inondations, mers et océans anormalement chauds...
Ces phénomènes ont des conséquences sur nos vies, mais aussi sur la biodiversité : forêts fragilisées, zones humides asséchées, espèces soumises à des températures inhabituelles, habitats détruits par les flammes…

L’édition du Rapport Planète Vivante (WWF) confirme une tendance préoccupante : entre 1970 et 2022, la taille moyenne des populations de vertébrés sauvages suivies a diminué de 73%.
La biodiversité mondiale ne peut pas être résumée de façon rigoureuse par un chiffre unique. Les suivis disponibles portent sur des groupes et des dimensions différentes : évolution de l’abondance des populations, risque d’extinction des espèces ou évolution des grands habitats naturels.

Pour les vertébrés :
Le Living Planet Index (LPI), calculé par la Zoological Society of London (ZSL) et le WWF, synthétise l’évolution de milliers de populations de mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens suivies dans le temps.
Dans son édition 2026, le LPI repose sur 35 803 populations appartenant à 5 790 espèces. Entre 1970 et 2022, leur abondance relative a diminué de 73 % en moyenne. Le recul est particulièrement marqué dans les écosystèmes d’eau douce.
Cette moyenne masque des trajectoires contrastées : dans le jeu de données 2026, 50 % des populations sont en déclin, 43 % augmentent et 7 % sont considérées comme stables. Le recul moyen de 73 % vient donc surtout de l’ampleur des diminutions observées dans les populations qui déclinent.

  • Le risque d’extinction est particulièrement élevé chez les amphibiens (41 %), les coraux constructeurs de récifs (44 %) et les requins, raies et chimères (38 %). Chez les mammifères, la meilleure estimation est de 26 %, contre 11,5 % chez les oiseaux. BirdLife estime par ailleurs que 61 % des espèces d’oiseaux ont actuellement des populations en déclin : un indicateur de tendance différent du risque d’extinction.

Insectes : un risque difficile à évaluer.
L’IPBES estime prudemment qu’environ 10 % des espèces d’insectes pourraient être menacées d’extinction. De son côté, l’UICN estime à 16 % la part menacée parmi certains groupes d’insectes largement évalués, principalement les libellules et demoiselles ; cette valeur ne représente donc pas l’ensemble des insectes.

Plantes à fleurs : l’extinction mondiale est à craindre.
Une étude mondiale publiée en 2024 a estimé le risque d’extinction de l’ensemble des quelque 330 000 espèces connues de plantes à fleurs. Selon ce modèle, 45,1 % des espèces d’angiospermes seraient potentiellement menacées.
Cette estimation repose sur un modèle statistique utilisant notamment la répartition géographique des espèces, l’empreinte humaine, le climat et l’histoire évolutive. Elle vise à combler le manque d’évaluations formelles : plus de 70 % des plantes vasculaires ne disposent pas encore d’un statut de conservation évalué individuellement.
Crédit : notre-planete.info d’après Bachman et al. (2024), New Phytologist. Données sous licence CC BY 4.0.

Surface forestière mondiale : moins 4,12 millions d’hectares par an.
Les forêts couvrent aujourd’hui environ 4,14 milliards d’hectares, soit près de 32 % des terres émergées. La perte nette de surface forestière a fortement ralenti depuis les années 1990, mais elle se poursuit : elle était d’environ 4,12 millions d’hectares par an entre 2015 et 2025.
Extraits : notre-planete-info

Analyse du 4e rapport de la directive européenne « Habitats, Faune, Flore »
Voir le rapport WWF 2026