La sécheresse inquiéte les paysans ... Et les autres !
Sans eau, il n’y aurait pas de vie sur Terre. L’eau est une ressource indispensable.
La sécheresse est un déficit anormal, sur une période prolongée, d’une (au moins) des composantes du cycle hydrologique terrestre.
Il existe plusieurs types de sécheresse :
- La sécheresse météorologique qui correspond à un déficit prolongé de précipitations.
- La sécheresse du sol dite édaphique, ou sécheresse agricole qui impacte la production (faune et flore). La sécheresse édaphique est estimée à partir des termes du bilan hydrique (précipitation, évaporation et évapotranspiration) et de la réserve utile des sols (RU).
- La sécheresse hydrologique correspond à un déficit de débit des cours d’eau, des niveaux bas des nappes ou des retenues, sur une période ou une année pendant laquelle les débits sont très inférieurs à la moyenne.
L’impact de la sécheresse.
La sécheresse a un impact sur le rendement des cultures. En sécheresse hydrologique, les usages de l’eau sont modifiés. La loi donne la priorité à la santé, l’alimentation en eau potable. Les interdictions d’irrigation qui en résultent sont préjudiciables aux cultures irriguées.
En sécheresse édaphique, les cultures sont différemment pénalisées : ce sont en général les cultures de printemps qui souffrent le plus dans les systèmes non irrigués.
Lire plus : Sécheresse agricole : comprendre pour s’adapter.
Les paysans français craignent une facture salée.
Prairies jaunies, animaux fragilisés, cultures sous tension : l’agriculture française entre dans une zone de turbulences. Alors que le pays vient d’affronter une nouvelle vague de chaleur sur fond de sécheresse exceptionnelle, les syndicats agricoles tirent la sonnette d’alarme et redoutent une saison marquée par des pertes importantes de rendements.
Pendant la canicule de juin 2026, « 9.127 tonnes d’animaux morts », principalement des volailles, « ont été prises en charge par l’Etat, concentrées pour l’essentiel dans le Grand Ouest, la Bretagne représentant plus des deux tiers des volumes », a indiqué la ministre de l’Agriculture.
Dans plusieurs départements et régions les courriers sont déjà partis vers les services de l’Etat pour réclamer du soutien.
Et ce n’est que le début.
Le ministère de la transition écologique prévient : Sécheresse : à quoi s’attendre et comment s’adapter ?
La fréquence des sécheresses agricoles a été multipliée par deux au niveau national depuis les années 1960 et par trois dans le Sud de la France. Depuis la fin des années 1980, les sécheresses du sol sont plus fréquentes, plus longues et plus intenses.
Selon la trajectoire de réchauffement de référence d’adaptation au changement climatique (TRACC), basée sur les projections de Météo France, le régime des pluies va changer : les périodes sans précipitations seront plus longues, couplées à des épisodes extrêmes de pluies intenses. Sur l’année, nous aurons presque autant d’eau, mais elle tombera de façon très inégale dans le temps et dans l’espace, créant des phases de sécheresse intense.
D’ici 2050, avec +2,7°C de réchauffement, on s’attend à une baisse de 10% des cumuls de pluie l’été, causant des sécheresses des sols plus longues et plus intenses, avec 24 jours supplémentaires en moyenne en métropole. Les épisodes extrêmes de sécheresses pourront durer 4 à 5 mois dans le nord de la France, voire 7 dans les régions méditerranéennes.
D’ici 2100, avec +4°C de réchauffement, on s’attend à 39 jours supplémentaires de sécheresse par an en moyenne. La zone méditerranéenne sera la plus concernée, avec des périodes allant jusqu’à 8 mois de sol sec par an. Les sécheresses intenses comme en 2022 seront fréquentes en été, mais aussi à l’automne, pouvant même durer plusieurs années.
Quelques pistes pour s’adapter :
Miser sur la nature, meilleur atout pour préserver l’eau face à la sécheresse.
- Restaurer les zones humides : Un mètre cube de tourbière peut stocker jusqu’à 700 litres d’eau, selon l’INRAE.
- Renaturer les cours d’eau : de nombreux cours d’eau français ont été canalisés au cours des siècles, les déconnectant de leurs nappes phréatiques.
- Maintenir des sols « vivants », de bonne qualité : l’humus, la couche supérieure des sols, riche en litière et matière organique, aide à maintenir l’humidité du sol et sa capacité à infiltrer l’eau.
- Désimperméabiliser les sols en ville : chaque mètre carré désimperméabilisé peut contribuer à la recharge des nappes souterraines.
Lire plus : Dossier sécheresse du Centre de ressources pour l’adaptation au changement climatique.