L’urgence la plus vitale.
Frédéric Worms, Ed. PUF (Col. Eclairage), 16,00 euros.
Chacune et chacun a cette horloge et ce tic-tac en tête, hanté par les sirènes de l’instant et les représentations de l’avenir… » Réchauffement climatique, catastrophes, conflits géopolitiques, post-vérité, IApocalypse : notre décennie 2020 semble avoir tout accéléré autour de nous. Celle-ci n’a-t-elle pas été inaugurée par la pandémie de Covid-19, qui, le plus soudainement et brutalement du monde, a fait se rejoindre « toutes les urgences dans une urgence » ? Dans cet essai, Frédéric Worms construit le cadre théorique d’une pensée de l’urgence, adaptée à notre époque extrême. Cette capacité à répondre aux diverses urgences — qu’elles soient médicales, climatiques ou politiques — est le socle même de la « confiance civique » et de la « cohésion sociale ». Prise dans une série de relations, l’urgence s’avère en effet toujours, « et tout de suite, un appel », qui se loge au carrefour de l’intime et du politique, entre « nos liens vitaux et nos institutions sociales ».
Nourri de son parcours personnel, cet ouvrage ne s’en tient pas à une déclaration d’intention. Fin de vie, rôle des sciences humaines face aux conflits, lien entre la recherche fondamentale et les défis planétaires : sur tous ces thèmes, Frédéric Worms fixe un cap éthique et politique clair. Car pour faire face aux nombreuses crises contemporaines (climatique, énergétique, politique, sanitaire), il est nécessaire de s’orienter dans (et entre) les urgences.
La route est certes longue, difficile, critique, mais elle aussi stimulante, vitale et joyeuse.
