L’été avec Olivia.

Melhia Martin, Ed. Biscoto, 16 euros.

Sous la canicule, Anna, 10 ans et demi, tente de tromper l’ennui entre visites au potager de sa grand-mère et balades dans le quartier. C’est là qu’elle rencontre Olivia, même âge ou presque, rollers aux pieds, en vacances dans le coin tout le mois d’août.
Dans un récit baigné de soleil, Melhia Martin capte la torpeur estivale avec un sens du rythme rare : un découpage qui laisse monter la chaleur et qui révèle la magie des petits riens.

L’hélice d’un ventilateur, une tranche de melon qui s’ouvre, une marque de bronzage, une perle de sueur dans cette première bande dessinée, l’ennui devient poésie. Les pages s’emplissent d’un foisonnement végétal et floral qui accompagne les émois naissants de l’héroïne. Melhia Martin aborde la découverte de l’attirance envers le même genre avec une délicatesse remarquable.

Les signes sont là, discrets mais éloquents : chez Anna, on baisse la voix quand la radio évoque la Manif pour tous quand chez Olivia, on s’endort côte à côte devant Billy Elliot. Comme les plantes qui envahissent le récit, Anna grandit, hésite, se cache, s’élance. Entre un cadre familial normé et la puissance troublante de nouveaux sentiments, l’été devient terrain d’expérimentation et de révélations.