Intoxication humaine par les pesticides...
Plus de 400 millions de cas d’intoxications aiguë non intentionnelles aux pesticides surviennent tous les ans parmi les agriculteurs et travailleurs agricoles. "Frontiers in Public Health".
Sur la base d’une population agricole mondiale d’environ 934 millions d’habitants, c’est environ 46% des agriculteurs qui sont empoisonnés par les pesticides chaque année.
L’analyse s’appuie sur 214 publications couvrant 62 pays entre 2006 et 2023, complétées par les données de mortalité de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour 77 autres pays.
Deux fois plus de pesticides à l’hectare.
À l’échelle mondiale, l’usage agricole des pesticides continue d’augmenter. En 2024, près de 3,92 millions de tonnes de substances actives ont été utilisées, plus du double du volume de 1990. Rapportée aux surfaces cultivées, leur utilisation atteint 2,49 kg par hectare en moyenne mondiale, un niveau qui a lui aussi plus que doublé depuis 1990 (FAO, 07/2026).
Un business juteux.
Le marché mondial des pesticides demeure très concentré. Les quatre principaux groupes — Syngenta, Bayer, BASF et Corteva — représentaient environ 55 % des ventes mondiales en 2022, sur un marché estimé à 78,7 milliards de dollars. À elles seules, ces quatre entreprises réalisaient plus de 43 milliards de dollars de ventes de pesticides.
Dans l’Union européenne, environ 316 000 tonnes de pesticides ont été vendues en 2024, c’est 12 % de moins qu’en 2011. La France représente 22 % des volumes vendus dans l’UE, devant l’Espagne (19 %), l’Allemagne (14 %) et l’Italie (13 %) (Eurostat, 05/2026). Ces chiffres portent sur les volumes vendus et ne permettent pas, à eux seuls, de comparer l’intensité des traitements entre pays, notamment en raison des différences de surfaces agricoles et de cultures.
Des objectifs de baisse pas tenus.
En France, 70 100 tonnes de substances actives phytosanitaires ont été vendues pour l’agriculture en 2024, soit 8 % de plus qu’en 2023. Cette hausse provient notamment des fongicides et des substances utilisables en agriculture biologique ou en biocontrôle, dont les tonnages peuvent être élevés.
Pour mieux suivre l’évolution des pesticides conventionnels, il est donc préférable de les considérer séparément : leurs ventes ont diminué de 19 % entre les périodes 2009-2011 et 2022-2024 (SDES, 07/2026).
La consommation de pesticides conventionnels diminue donc en France sur le long terme, mais beaucoup moins que l’objectif historique de réduction de 50 % fixé par les plans Ecophyto. De fortes variations peuvent également apparaître d’une année à l’autre en fonction des conditions météorologiques, des cultures et des comportements de stockage ; c’est pourquoi une moyenne sur trois ans permet de mieux faire apparaître la tendance de fond.
Couts/bénéfices.
Les pesticides génèrent des coûts supportés par la collectivité : dépollution de l’eau, coûts sanitaires, réglementation ou encore impacts climatiques. Une analyse du BASIC, fondée sur des données de 2017 et reprise dans l’Atlas des pesticides 2023, estimait qu’en France les coûts directement attribuables aux pesticides étaient presque deux fois supérieurs aux bénéfices économiques du secteur ; à l’échelle européenne, ils étaient environ 2,5 fois supérieurs.
Santé : Cancers, perturbateurs endocriniens, polluants éternels, ... Des effets de long terme.
L’Organisation Mondiale de la Santé a classé un grand nombre de pesticides comme : cancérogènes, mutagènes (toxiques pour l’ADN), ou reprotoxiques (nocifs pour la fertilité).
Certains pesticides font partie de la grande famille des perturbateurs endocriniens, dangereux pour la santé même à des niveaux d’exposition très faibles. D’autres appartiennent au groupe des PFAS, les « polluants éternels » du fait de leur persistance dans l’environnement. Ils entrent dans la composition des produits pesticides en tant que substances actives ou adjuvants avec leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou résistantes aux fortes chaleurs. En France, 30 substances actives PFAS sont autorisées, et leurs ventes ont triplé depuis 2008 (2 332 tonnes vendues en 2021).
Derrière ces termes (pesticides, PFAS, perturbateurs endocriniens…) se cachent une myriade de maladies : maladie de Parkinson, cancers, malformations, infertilité…
Extrait : FNE.