Guerre de la tomate

La prochaine fois que vous regarderez, sur une barquette de tomates, les étiquettes indiquant le pays d’origine dans les rayons du supermarché, vous saurez qu’elles ne reflètent qu’une partie de la réalité.
Vous trouverez en bas de page le lien vers la longue enquête de Cristina Domecq, publiée par What The Field ?!

Aujourd’hui, on trouve des tomates dans tous les supermarchés, tous les mois de l’année, dans tous les pays d’Europe, et plus personne ne s’en étonne. Les prix restent bas, l’approvisionnement est constant, l’étiquette indique Maroc, Espagne ou Pays-Bas, et l’on passe à autre chose. (Extrait).

Pourquoi l’Europe ne protège-t-elle pas ses producteurs ?

Une critique se fait de plus en plus entendre dans le monde agricole européen : à quoi cela sert-il d’imposer à nos agriculteurs de respecter des exigences sociales et environnementales de plus en plus strictes s’ils doivent ensuite rivaliser dans les rayons avec des produits importés de pays hors d’Europe, cultivés dans des conditions très différentes ?
La réponse officielle à ce déséquilibre invoque le libre marché et la diplomatie, mais la réalité est bien plus dérangeante. Il s’agit d’accords signés à la hâte pour contourner la justice européenne, d’une production massive dans le désert qui dissimule sa véritable origine, de l’irruption d’organismes étrangers dans nos ports pour contrôler la principale porte d’entrée vers l’Europe, d’entreprises européennes qui délocalisent leurs serres au Maroc, attirées par des salaires de misère, et d’un vote visant à mettre un terme à tout cela, qui a échoué à une seule voix près.

Pour comprendre le fonctionnement de ce mécanisme politique et entrepreneurial complexe qui rend cette situation possible, nous allons l’analyser à travers l’un des cas les plus médiatisés : la « guerre de la tomate » et le long parcours que suit ce produit bien avant d’arriver dans votre salade.

Lire la longue enquête de Cristina Domecq, publiée par What The Field ?!

Cristina Domecq est Responsable de l’Impact chez CrowdFarming. Elle intervient là où se rejoignent les décisions stratégiques, le travail de terrain et les débats de société, convaincue que les solutions pour réparer le système alimentaire se trouvent à cette intersection. Son objectif est de susciter un changement de comportement durable — une mission qui n’est possible que si les agriculteurs et les consommateurs s’impliquent pleinement.