El Niño is back !

(Mise à jour 10/07/26) El Niño s’intensifie, c’est une certitude scientifique.
Il est en place et il devrait rapidement évoluer vers un épisode intense. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) vient de le confirmer. Les températures de l’océan Pacifique ne cessent d’augmenter. Les modèles concordent désormais de manière remarquable : El Niño devrait continuer à se renforcer même durant l’automne qui arrive. Selon la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration NOAA, USA), il pourrait alors se classer parmi les événements les plus puissants enregistrés depuis 1950. Il y aurait même une probabilité de 97 % pour qu’il perdure jusqu’au début du printemps 2027.

El Niño se manifeste par une hausse des températures de surface dans le centre et l’est du Pacifique équatorial. Il se produit d’ordinaire tous les deux à sept ans et dure environ neuf à douze mois. Le dernier épisode, en 2023 et 2024, avait fait de ces années les deux plus chaudes jamais enregistrées. Le phénomène cyclique affecte par effet domino le climat mondial pendant plusieurs mois.

En règle générale, El Niño dérègle le climat de tout le Pacifique équatorial. Dans l’est de cette zone sur les côtes de l’Amérique du Sud, donc, les conditions météorologiques sont alors plus humides (car l’eau chaude s’évapore davantage, ce qui aboutit à des précipitations plus importantes). En revanche, dans l’Ouest de cette zone (en Indonésie ou en Australie), ce sont plutôt d’importantes sécheresses qui risquent de survenir.
Dans certains cas, El Niño est aussi responsable d’excédents pluviométriques importants en Californie ou en Afrique de l’Est. De très nombreux autres secteurs de la bande tropicale peuvent également être affectés. Ses impacts sur l’Europe sont en revanche très faibles, voire inexistants.
Enfin, comme El Niño réchauffe fortement l’atmosphère du très grand Pacifique équatorial, il influe également fortement sur la température moyenne mondiale. Une influence qui pourrait mener à ce qu’un nouveau record soit battu.
Super El Niño ...!?
Ces dernières semaines, plusieurs experts s’inquiètent de la formation d’un "super El Niño", avec des conséquences encore plus accablantes pour la planète. Ce terme non scientifique "désigne généralement des épisodes pour lesquels les anomalies de températures de surface de la mer dépassent les 2°C", souligne Météo-France.
En 2015-2016, "les +2,5°C ont même été franchis", rappellent les experts Jeff Masters et Bob Henson sur le site Yale Climate Connections(Nouvelle fenêtre), qui dépend de la prestigieuse université américaine. "L’anomalie sous-marine que nous observons jusqu’à présent" va dans le même sens, a expliqué début mai à l’AFP Peter van Rensch, climatologue à l’université Monash, en Australie.
El Niño, c’est une surcouche mondiale sur un climat déjà surchauffé.
Côté températures, une seule certitude : El Niño va faire grimper un peu plus encore la moyenne mondiale pendant plusieurs mois. S’il est suffisamment puissant, son influence pourrait s’étendre jusqu’à l’Europe. Mais avec un impact nettement plus faible que celui du réchauffement climatique d’origine humaine.
Ne pas tout mélanger : Si la France suffoque aujourd’hui sous des températures records, ce n’est pas à cause d’une oscillation naturelle de l’océan Pacifique, mais bien à cause de l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Le véritable moteur de cet été extrême ne porte pas de nom exotique d’El Niño : il s’appelle le réchauffement climatique anthropique. Extraits : Futurasciensces.com