Cultiver en mode "jardin-forêt".

Les jardiniers ont longtemps cru qu’il n’est pas possible de faire pousser des légumes sous des arbres. Pourtant :
"Personne ne fertilise ou n’irrigue une forêt. La forêt est autonome. Si vous êtes capable de recréer une forêt nourricière alors votre principal effort sera d’en récolter les fruits.", explique Robert A.de J.Hart.

Illustration : Agroforesterie.fr

Le jardin-forêt c’est quoi ?

Les jardins-forêts sont une forme d’agroforesterie. Cette technique ancestrale est fondée sur l’intégration d’arbres au sein de paysages agricoles afin de reproduire les mécanismes naturels de la forêt. Cette pratique s’appuie sur les synergies de l’écosystème forestier et de la biodiversité pour générer un modèle de culture vertueux.
Pratiquée généralement sur de grandes surfaces en agriculture biologique, l’agroforesterie peut être mise en place à moindre échelle grâce au modèle du jardin-forêt.

Le jardin-forêt s’appuie sur le modèle de la permaculture, reproduisant à l’identique les mécanismes de la nature sur une surface réduite afin de créer un jardin-potager, qui s’inspire de l’organisation naturelle d’un écosystème forestier. Autrement appelé forêt nourricière ou forêt comestible, ce type de plantation permet d’accumuler les ressources produites en abondance et sur le long terme.
Une fois planté, le jardin-forêt devient une structure autonome à la durée de vie illimitée.

Un sol vivant bénéfique à tous.

Cet écosystème favorise la présence d’une biodiversité locale composée d’oiseaux, d’insectes, de reptiles (lézards, couleuvres, crapauds), et divers mammifères (hérissons, chauve-souris…etc). Pour favoriser la présence d’une faune riche, propice à la stabilité des milieux, des nichoirs ou des abris naturels sont installés au sein des jardins-forêts : tas de pierre, hôtels à insectes, bassin, perchoirs en hauteur etc.
Véritable révolution vivrière, ils ont également un fort impact social. En effet, en plus des ressources alimentaires qu’ils apportent, ils sont source de bien-être pour la population. En ville, les jardins nourriciers contribuent à refonder le paysage citadin et sont amenés à se démocratiser en contexte de dérèglement climatique, grâce aux îlots de fraîcheur qu’ils permettent de récréer et au carbone que les arbres stockent année après année.

Pour débuter au potager

Il est possible de commencer simplement en mélangeant des plantes potagères. Il est possible d’associer les légumes en respectant leurs besoins de soleil, d’eau et de nutriments. Il y a les réflexes classiques : les courges ou concombres, rampantes, s’associent bien avec les tomates ou le maïs plus hautes à condition de laisser assez d’espace pour la lumière.
Il est aussi possible d’utiliser l’espace libre entre deux plants pour planter des laitues, des choux, fleurs ou aromates.
Pour l’eau et les nutriments, regrouper les plantes qui ont des besoins similaires : tomates, poivrons, aubergines ou : courgettes, concombres, melons, courges.
Il faut expérimenter. C’est un testant que l’on progresse.