COP 17 : "en panne" !

La COP 17 vient de clôturer.
Son objectif : faire le point sur leurs avancées et consolider leurs engagements pris à la COP15, en 2020, sur un cadre ambitieux : l’accord de Kunming-Montréal. Celui-ci prévoit de protéger 30 % des terres et des océans d’ici 2030, mais également de restaurer 30 % des écosystèmes dégradés d’ici 2030 ou d’engager une sortie des pesticides au niveau mondial.
En Arménie, ce mois d’octobre 2026, le premier texte adopté est censé représenter un "examen mondial" de l’accord sur la biodiversité de Kunming-Montréal de 2022, considéré comme l’équivalent de l’accord de Paris sur le climat. Cet accord fixe 23 objectifs à respecter d’ici 2030.

Une COP pour rien :
La ministre française de la Transition écologique estime que l’accord trouvé "n’est pas à la hauteur des enjeux" et "Les avancées que nous n’avons pas réussi à obtenir ici sont autant d’occasions manquées d’accélérer notre réponse à la disparition de la biodiversité." ;
« Tout le monde s’accorde pour dire qu’on n’atteindra pas les objectifs », Laurent Durieux, ingénieur de recherche présent dans la délégation de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ;
« Une attaque de la science menée par la Russie », poursuit Laurent Durieux, qui a observé la volonté d’isoler la biodiversité d’autres enjeux internationaux, alors que l’IPBES avait justement croisé dans ses derniers rapports la biodiversité avec les questions climatiques, sanitaires et économiques.
« J’ai été impressionné par l’opposition de certains pays — dont la Russie, l’Arabie saoudite, l’Argentine et même le Brésil — à ce que l’IPBES soit mentionnée dans le rapport final », pointe Arnaud Schwartz, dans la délégation de l’Union européenne pour France Nature Environnement ;
« Les COP biodiversité ont moins de visibilité, beaucoup moins d’argent que les COP Climat et les suivis de l’état de la biodiversité sont beaucoup plus complexes que la mesure du carbone », rappelle Laurent Durieux ;

Recherche donateurs.
L’Union européenne a tenté pendant la COP 17 de convaincre les grands pays émergents, en particulier la Chine, d’entrer sur la liste officielle des donateurs, liste qui n’a pas bougé depuis 2006. Seul, un document de travail, a proposé que des États puissent volontairement se manifester s’ils souhaitent être inclus dans cette liste (vu le contexte économique ils ne vont pas se bousculer).

Le « Fonds Cali » peut attendre.
Pas de précipitation pour raviver le "Fonds Cali". Ce mécanisme de l’ONU, créé en 2024 lors de la précédente COP biodiversité, vise à inciter les entreprises qui tirent profit des données génétiques des plantes et d’autres organismes à contribuer financièrement à la protection de la biodiversité.
Les décisions sur son fonctionnement ont été repoussées à 2028. « Les parties ont pratiquement fait en sorte que le fonds reste vide d’ici là », regrette Pakhi Das de l’ONG Plant-for-the-Planet.