Chroniques d’un monde qui craque.

Olivier Hamant, Ed. Odile Jacob, 24.90 euros.
Dans ce nouveau livre, Olivier Hamant nous expose les symptômes d’un monde suroptimisé, détraqué par l’obsession du tout-contrôle. Avec méthode et non sans humour, il chronique ce monde au bord du burnout où se reproduit, partout et tout le temps, le même modèle : le culte de la performance qui crée fragilités et ruptures.
Pour le biologiste les incendies récents sont le symptôme d’un phénomène plus profond qu’il qualifie de "burn-out écologique". Selon lui, "on est rentré dans un monde fluctuant, donc turbulent, variable, imprévisible", où les scénarios prévus pour la fin du siècle peuvent désormais se produire dès aujourd’hui. Il estime que la crise trouve son origine dans "le culte de la performance" et dans la volonté humaine de contrôler la nature. Il faut renoncer à vouloir tout maîtriser : on ne cherche pas à contrôler mais à devenir "adaptable", c’est-à-dire capable de faire face à l’imprévu plutôt que de croire à un futur parfaitement prévisible.
Il insiste : "la diversité donne sa robustesse" aux écosystèmes, la monoculture attire le pathogène, qu’il s’agisse d’un parasite biologique ou d’un incendie. Il plaide pour des paysages en mosaïque, plus diversifiés, laissant davantage de place à la libre évolution du vivant.
Olivier Hamant est chercheur à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et dirige l’Institut Michel-Serres.