Anthropocène
Les géologues découpent l’histoire de la Terre en « tranches de temps » chronologiques qu’on appelle la « chronostratigraphie » ; Pleistocène, Holocène, .
Depuis la révolution industrielle et surtout depuis l’après-guerre, les températures, tout comme la composition de l’atmosphère, ont varié de façon extrêmement rapide.
Depuis 20 ans, l’observation de l’impact des activités humaines sur le système Terre a conduit à penser que nous étions entrés dans une nouvelle époque géologique : l’anthropocène.
Même si le groupe de travail de la Commission internationale de stratigraphie (CIS) a refusé la proposition de créer une nouvelle période géologique nommée anthropocène le 5 mars 2024. Le concept d’anthropocène est reconnu par plusieurs communautés. Il est couramment repris par l’ensemble des scientifiques qui travaillent sur le « système Terre » (géologues, climatologues, hydrologues, écologues, pédologues…). Il est devenu un cadre très utilisé par les sciences humaines et sociales.
L’Anthropocène, c’est l’âge des humains.
Cette nouvelle époque se caractérise par l’avènement des humains comme principale force de changement sur Terre, surpassant les forces géophysiques.
Les activités humaines modifient la composition de l’atmosphère et la réchauffent à marche forcée, en chargeant l’environnement de nouvelles substances chimiques de synthèse qui se répandent. Le développement économique et social des activités humaines provoque le rejet d’éléments microplastiques à la surface de tous les océans du globe, érode la biodiversité et accélère la disparition d’espèces animales. Pour la première fois dans l’histoire de la Terre, ce sont ses habitants qui sont devenus les principaux moteurs des changements qu’ils subissent.
Les scientifiques ont observé au cours de ces cinquante dernières années le déclin rapide des fonctions et des services de l’écosystème de la planète, en particulier sa capacité à réguler le climat sur le long terme dans les espaces habitables et cultivables.
L’espèce humaine doit désormais se préparer à rompre avec cet ancien modèle selon lequel les écosystèmes se comportent de façon linéaire, prévisible, sur lesquels l’homme peut maintenir son contrôle et exercer ses activités de développement. L’espèce humaine devient le principal facteur et déclencheur de changements au niveau planétaire. Extraits : (Vie Publique) Francois Gemenne et Marine Denis.
Une définition et des origines contestées.
L’Anthropocène est une « nouvelle époque géologique qui se caractérise par l’avènement des hommes comme principale force de changement sur Terre, surpassant les forces géophysiques » (Viepublique.fr). Ce terme décrit, en sciences sociales les basculements en cours dans les rapports des sociétés humaines à leurs environnements. Au sein de l’Holocène, dernière époque géologique du Quaternaire qui commence après la dernière glaciation et qui dure depuis 12 000 ans, l’Anthropocène peut donc être considéré comme l’époque de l’histoire de la Terre au cours de laquelle les activités humaines ont des effets significatifs et globaux sur le système planétaire.
Ce néologisme, construit à partir du grec ancien anthropos, « être humain » et kainós, « nouveau, récent », apparaît au début des années 1990, pour signifier que l’influence des activités anthropiques sur le système terrestre est désormais prépondérante. Le biologiste Eugene F. Stoermer l’utilisait dans la décennie précédente sans l’avoir formalisé. En 1992, dans un livre consacré au « réchauffement global », Andrew C. Revkin écrit : « Peut-être que les scientifiques du futur nommeront cette nouvelle période post-Holocène par son élément déclencheur : nous (les humains).
Concept scientifique émergent, l’Anthropocène est loin d’être parfaitement circonscrit dans ses limites thématiques et temporelles car selon les champs disciplinaires, sa définition et sa datation peuvent varier. Les géologues l’ont d’abord défini comme une époque qui survient avec l’impact géologique des activités humaines sur l’environnement terrestre, avant qu’une partie d’entre eux ne refuse de le considérer comme une époque ou une période géologique au sens strict. Puis la notion d’Anthropocène s’est élargie aux autres changements environnementaux globaux induits par les impacts des activités humaines sur le climat planétaire ainsi que les grands équilibres de la biosphère. Cette notion issue d’abord des sciences de l’atmosphère et de la terre s’est propagée dans toutes les sciences, des sciences de la vie jusque que dans les sciences humaines.
Sources et extraits : GéoConfluences, Jean-Benoît Bouron.
Les origines de l’Anthropocène : Certains proposent de la faire commencer avec la révolution industrielle (1784 : brevet de la machine à vapeur de James Watt).
D’autres remontent aux débuts du néolithique, il y a quelque 10 000 ans, lorsque des sociétés de cultivateurs-pasteurs sédentaires se sont substituées aux chasseurs-cueilleurs nomades.
Pour d’autres le processus s’est accéléré au milieu du 20e siècle avec des indicateurs qui montent en flèche : démographie, gaz à effet de serre, disparition de la biodiversité, perte des forêts, ...
De nombreux géologues estiment que l’Holocène s’est terminé vers 1950, lorsque les tests nucléaires ont dispersé dans l’atmosphère d’importantes quantités de particules radioactives. Cette époque est également marquée par une grande accélération de l’activité humaine dans un contexte économique de reconstruction, d’industrie performante et de modernisation de l’agriculture.
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