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Alimentation... Dossier

L’alimentation respectueuse.
"La clé ? Le respect : qu’il soit celui de la terre, de ceux qui la travaillent, des saisons, de notre corps…
Cuisiner des produits de saison sans pesticides, fuir les emballages plastiques et l’agriculture intensive, (…) mettre la solidarité et la souffrance animale au cœur de la réflexion ne sont pas des injonctions mais des pistes pour une alimentation juste et apaisée.
Nous avons un véritable pouvoir entre les mains, celui de l’acte d’achat. Il nous faut nous rassembler, découvrir les circuits courts non tributaires des lois du marché, pour un coût juste pour toutes et tous, producteurs et mangeurs". Lila Djeddi.

La santé est dans notre assiette.
Hippocrate et les médecines ancestrales ont compris, il y a bien longtemps, combien ce que l’on met dans notre assiette est important.

Boutique bio ( Mai 2021. Photo : JS)

Aujourd’hui s’il est possible de bien manger, et de manière saine pour la santé, le marketing et les modes, nous ont donné de mauvaises habitudes.
Les plats domestiques s’avèrent le plus souvent gras, salés, sucrés, pour compenser le manque de goût des produits de base, issus de l’industrie agroalimentaire. Et la composition révèle une liste incompréhensible d’additifs, conservateurs, gommes et de gélatines, pour prolonger la durée de consommation et améliorer l’aspect. Ces mauvaises habitudes alimentaires ont fait apparaitre le surpoids, l’obésité et des carences nutritionnelles.
L’actualité a mis en évidence les efforts de municipalités pour améliorer la situation dans les cuisines centrales et/ou les cantines.
Les diététiciens et les cuisiniers recourent à des circuits locaux. Aller chercher à proximité des producteurs fiables est indispensable pour un à un travail efficace en cuisine. Avec des produits locaux, de saison, naturels ou bio, on donne à manger des plats plus sains avec des coûts maitrisés.
Un obstacle : les industriels
La restauration collective représente en France quatre milliards de repas chaque année. Un marché important pour les grands du secteur de l’industrie agroalimentaire (Sodexo, Elior, Transgourmet, Sysco, ...) spécialistes de la restauration d’entreprise à qui les collectivités locales peuvent déléguer le service public, ou fournir aux cuisiniers des cuisines centrales des plats surgelés.
Lorsqu’ils se sentent menacés ces industriels créent des labels, signent des chartes et des engagements, ... Ils communiquent avec "force moyens" sur la "transition alimentaire" et les "dimensions sociale et durable"... Ce travail de communication installe la confusion en jouant sur les mots : parler de « qualité » et de « durabilité » pour ne pas aborder l’agriculture biologique, évoquer le « local » en l’appliquant à la France entière plutôt qu’à de vrais circuits courts (« C’est français, c’est local ! »). Tout pour créer la confusion et garder la main sur ce juteux marché.
Ce sont nos actions de citoyens auprès des municipalités qui peuvent faire changer les mauvaises habitudes et redonner à tous, petits et grands, la possibilité de bien manger pour une bonne santé. Écouter : Bien manger à la cantine (France Culture).

« Je mange pour le futur »
8 milliards d’hommes sur terre actuellement. En 2050, les scientifiques estiment que nous frôlerons les 10 milliards. Comment nourrir cette population ?
Le contenu de nos assiettes et l’accès à une alimentation pour tous, plus respectueuse de l’environnement sont des questions qui prennent de plus en plus de place.
Agroparitech a donc initié le programme « je mange pour le futur », dont Manon Dugré est la coordinatrice destiné aux 18-35 ans, avec des infos, des conseils et des recettes.

Agir avec Foodwatch France : Après des années d’enquête, foodwatch brise ce tabou des fraudes alimentaires. Produits concernés, résultats des contrôles, sanctions dissuasives : il y a urgence à mettre en place des moyens à la hauteur du phénomène. Joignez votre voix à la notre en interpellant les ministères concernés !

La malbouffe.
Un mal du siècle. Toujours plus abondante et moins chère, la nourriture industrielle a envahi nos assiettes, avec des incidences sur la santé de plus en plus fortes : jamais l’obésité et le diabète n’ont été aussi répandus. Et jamais les étiquettes n’ont été aussi compliquées à déchiffrer.
Dans un plat préparé de grande surface il peut y avoir autant de sous-traitants que de produits listés sur l’emballage et d’origines diverses.
Sur ces emballages il est facile de mettre une feuille verte pour évoquer le coté naturel ou la mention "sans huile de palme" même si le produit n’en a jamais contenu. Le clean label et l’invasion des produits "bio" dans les grandes surfaces ne font craindre qu’une chose : des chartes de production allégées et des conditions de culture moins strictes.
Voir sur Arte.tv : La grande malbouffe

Chrononutrition : Quand manger les fruits et les protéines ?
"Vous ne savez jamais quand manger les fruits. Le matin ? Hors des repas ? À la fin des repas ? Vous êtes perdus car il y a de nombreuses théories sur le sujet et personne n’est d’accord. Si vous le voulez bien, je vais remettre les pendules à l’heure". Marion Kaplan. Lire plus de détails.

Manger moins, mieux, être solidaire.
Confinement ou pas le circuit court est une bonne solution pour l’alimentation. Un circuit court, c’est au maximum un intermédiaire entre le producteur et le consommateur.
Une alternative sérieuse à l’agro industrie et à la grande distribution.

Les avantages pour le consommateur :
- des produits meilleurs pour la santé (fraicheur et nutriments) ;
- des produits savoureux qui ont plus de goût ;
- un moyen de se reconnecter avec ce que l’on mange, de savoir d’où viennent les produits ;
- çà ne coûte pas plus cher pour les produits de saison.

Et le producteur peut vivre de son métier en étant mieux rémunéré.

Où sont les circuits courts ?

Il existe de nombreuses modalités de circuits courts :
- la vente directe à la ferme et sur les marchés de producteurs,
- les groupements d’achats via les associations,
- les Amap, les paniers paysans,
- les magasins de producteurs et épiceries paysannes,
- les supermarchés coopératifs,
- les drive fermiers, …

Végétariens ... Que valent les produits ?

Les produits végétariens et végan se développent pour répondre à la demande des consommateurs de manger moins de viande. Mais que contiennent-ils ? D’où proviennent les ingrédients ? Sont-ils aussi sains qu’ils en ont l’air ? L’association CLCV a enquêté.

Résilience alimentaire.

Les transformations sociales, économiques, techniques et politiques devraient permettre d’anticiper les crises et d’assurer les besoins essentiels d’une population lorsque le système alimentaire est soumis à des perturbations : événement climatique extrême, choc pétrolier, récession économique…
L’association "Les Greniers d’Abondance" et de nombreux partenaires scientifiques, experts et acteurs de terrain montrent dans ce rapport les vulnérabilités du système alimentaire contemporain face à différentes crises systémiques : changement climatique, épuisement des ressources, effondrement de la biodiversité… Lire la synthèse.

Lien vers dossier complet : Vers la résilience alimentaire

De la PAC* à la PAAC**.
Ou comment associer enfin agriculture et alimentation.

Les porteurs du projet Pour une autre PAC : "Nous voulons un système agricole et alimentaire juste, sain et vertueux pour les citoyen·ne·s comme pour les paysan(ne)s et respectueux du bien-être animal et de l’environnement."

*PAC : Politique Agricole Commune (60 milliards/an) mise en place depuis 1962. Elle visait à l’époque à développer la production agricole afin de nourrir les Européen·ne·s à la sortie de la Deuxième Guerre mondiale. Plus : Comprendre la PAC.
** PAAC : Politique Agricole et Alimentaire Commune. Pour une prise en compte totale des enjeux de revenu agricole, d’alimentation, de santé, de dynamisation des campagnes, d’environnement, de bien-être animal, comme des principes de solidarité et de démocratie.
Comprendre le projet : 12 priorités pour la PAAC post 2020
Et aussi une infographie : Pour bien manger on regarde où on met les pieds.
Et un document de France Nature Envirronnement : Pour une vraie PAAC.

Notre système alimentaire en péril.

Parler d’alimentation, c’est évoquer l’acte de manger, les repas. On pense aux agriculteurs, dont le travail a permis aux produits que nous mangeons de voir le jour. Ensuite on pense aux marchés, épiceries et grandes surfaces où nous avons l’habitude de faire les courses. Production, distribution, consommation. Agriculteurs, commerçants, consommateurs. Différents maillons d’un ensemble complexe d’interactions, qui permet à nos sociétés de s’alimenter : le système alimentaire.

Mais le système alimentaire est loin de se limiter à l’énumération ci-dessus. Exemple avec un panier de légumes bio et un yaourt à la fraise.

Mettre plus d’écologie dans son assiette ?

"Il faut faire attention à ne pas gaspiller, à consommer ce dont on a besoin mais pas plus, et s’attacher non pas à choisir des aliments spécifiques mais plutôt à avoir une alimentation équilibrée, variée et diversifiée dont l’impact carbone sera le plus faible possible, ce qui passe par une alimentation locale et des aliments peu transformés."

"Le gaspillage alimentaire représente 1/3 de notre production agricole. Dans les pays en voie de développement, c’est au niveau de la production qu’on gaspille et qu’on perd le plus. Dans les pays développés, c’est plutôt au niveau de la consommation. Si on réduisait ce gaspillage alimentaire de moitié, nous serions en mesure de nourrir la population humaine..."

"Un autre enjeu consiste à bien adapter notre consommation à nos besoins  : ... Selon la prospective Inra-Cirad Agrimonde-Terra, il est possible de nourrir la population mondiale en 2050 en ramenant partout “la disponibilité alimentaire entre 2750 et 3000 kcal/jour par habitant”, en particulier pour nous, population occidentale et de l’Union européenne. Actuellement, on est peut-être facilement 10 % au-dessus." 14/03/2020 - Jean-François Hocquette, directeur de recherche à l‘Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE)

Le défi (ou la menace) alimentaire.

Depuis des décennies la demande alimentaire est en croissance exponentielle. Avec cette tendance la demande en calories va augmenter de 70% et les besoins en culture pour la consommation humaine ou l’alimentation animale pourrait au minimum doubler.

Alors que la surface agricole diminue. Réduite de moitié depuis 1960 elle devrait encore diminuer de 15 % d’ici 2050. Et le gaspillage n’a jamais été aussi élevé. 30 % de la nourriture est perdue, aussi bien dans les pays émergents ou développés.

Nous avons aussi pris conscience que les limites planétaires et le changement climatique auront un impact sur la sécurité alimentaire mondiale (Rapport 2018 : Etat du climat OMM) et pourtant notre attente qualitative est exigeante. On attend que les agriculteurs vivent mieux de leur travail, que les aliments satisfassent à de nouvelles exigences (qualité nutritionnelle, production locale, etc.), que des pratiques agricoles « écologiques » préservent la santé des écosystèmes et des agriculteurs, etc.
Lire plus : Le défi alimentaire, Samuel Rebulard (extrait).

Pour une alimentation saine et durable

Nouvelles recommandations sur l’alimentation en janvier 2019 de Santé Publique France. (Synthétisé par Notre Planète Info).

"Bien s’alimenter est simple mais il est difficile de changer ses habitudes alimentaires. Un changement radical surviendrait sans doute via deux stratégies, une sur le long terme basée sur l’éducation nutritionnelle dès le plus jeune âge en primaire, et une autre sur le court et moyen terme par des actions politiques fortes se basant sur les expertises scientifiques les plus récentes, et non sur les intérêts financiers." Anthony Fardet et Edmond Rock (UNH).

A l’occasion des 70 ans le JDD se projette en 2088 et demande en particulier au chef étoilé Thierry Marx comment sera notre assiette dans cet avenir pas si lointain.
Sur la base d’une première recommandation : "mangeons moins, mangeons mieux" le chef prétant qu’un bon équilbre alimentaire peut se suffire d’une seule consommation de viande et de poisson par semaine en végétalisant nos assiettes. Il propose de redéfinir le bon produit. Il doit être bio. Mais on doit pouvoir mesurer, en plus de sa qualité, son impact social et environnemental. Voir aussi sur Télérama : Se nourrir en 2050.

Fin novembre 2018 la France apparaît comme un modèle pour son alimentation durable, selon un classement du Food Sustainability Index. Voir l’infographie.

A l’occasion du SIAL (Salon international de l’alimentation) 2018 des études font ressortir que les Français qui déclarent leur préférence pour des produits bio et locaux représentent un foyer sur six. Dans une étude du cabinet Nielsen la cuisine traditionnelle et conviviale est préférée par 45 % des sondés, suivent aussitôt les "vite fait", adeptes du sans cuisine et des produits finis (18 %). Les Français de type "bio local" représentent 16 % de la population.

Bien s’alimenter

Sur la base de la littérature scientifique, des rapports d’expertise et de notre réflexion menée sur les approches holistique et réductionniste, nous avons défini 3 Règles d’Or génériques à destination du grand public pour bien s’alimenter sans avoir de connaissances approfondies en nutrition. Ces 3 Règles permettent de protéger à la fois notre santé (donc vivre longtemps en bonne santé), le bien-être animal (dont nous prenons la vie pour nous nourrir et prolonger la nôtre) et l’environnement :

  1.  La première de ces règles consiste à privilégier les produits végétaux sur les produits animaux dans un rapport d’environ 80% min/20% max.
  2.  La deuxième repose sur le fait de privilégier les produits peu, pas ou moyennement transformés sur les produits ultra-transformés dans un ratio d’environ 80% min/20% max.
  3.  La troisième règle d’or consiste, au sein des aliments non ultra-transformés, à privilégier la diversité, que ce soit pour les produits végétaux ou animaux afin de fournir à l’organisme un maximum de composés protecteurs différents qui agissent ensuite en synergie dans l’organisme à dose nutritionnelle.

Dr Anthony FARDET > La nutrition préventive.

Passeport pour une alimentation durable
Recettes des 4 saisons à base de légumes et légumineuses
Chrononutrition : Quand manger les fruits et les protéines ? Marion Kaplan