Mira, notre chien.
Delphine Perret, Ed. Les fourmies rouges, 15 euros.
« Ma sœur dit que notre chien est orange. »
La jeune narratrice raconte son chien, son ami et protecteur, qui marche à côté d’elle. Elle raconte le cliquetis de ses griffes sur le sol qui annonce son arrivée et son souffle de sanglier. La boue séchée sur ses pattes qu’elle écrase entre ses doigts. Et sa sœur qui lui dit qu’il court loin dans le prés. Elle raconte les balades en forêt et le froid aux fesses quand elles se sont assises dans la mousse encore mouillée et l’odeur de la terre humide. Et sa sœur qui lui dit que la forêt est pleine de verts différents. Et, au goûter, le chien qui attend qu’elle fasse tomber une miette de son gâteau. Elle raconte que le soir sa sœur a peur d’éteindre l’interrupteur. Mais pas elle. Elle n’a pas peur de la nuit. Parce qu’elle sait exactement où sont les choses.
Delphine Perret fait succéder des saynètes intimistes qui dévoilent toute la complicité du dialogue tissé entre une fillette malvoyante et son imposant canidé. Jeux de posture mimétique ; onctuosité de la caresse, quand la gamine blottit son carré de cheveux noirs dans le cou de l’animal ; silence contemplatif pour dépeindre le souffle saccadé du canidé, haletant…