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Pour une agriculture naturelle - Dossier

L’agriculture au service des hommes, de la terre, du climat.

Repenser l’agriculture à l’intérieur de ses limites : Petite fille d’agriculteurs née dans un hameau savoyard, Camille Etienne donne une voix aux paysans et un moyen de renouer avec leurs racines. Présidente d’Amnesty International Sciences Po, elle a compris l’importance de l’agriculture dans l’urgence climatique. Elle a alors vice-présidé un syndicat écologiste et commence un court métrage sur ceux qui travaillent la terre. Camille apporter ses idées pour repenser l’agriculture à l’intérieur de ses limites et nous invite à « redonner du sens » à notre consommation. Voir la video : Ceci est une pomme.

Des politiques agricoles dépassées

Depuis 50 ans, la logique des politiques agricoles fondée uniquement sur la baisse des prix , la productivité, la compétition entre agriculteurs, les marchés de masse et l’exportation a conduit à la situation actuelle où, à part les quelques responsables-promoteurs, tout le monde est victime. En investissant toujours plus, les gros agriculteurs " absorbent " les paysans, et des " usines agricoles " se développent. Les pratiques agricoles mises en place avec des engrais chimiques et des pesticides détruisent la vie de la terre et les écosystèmes en fournissant aux consommateurs des produits standards sans goût qui deviennent de plus en plus dangereux pour la santé. Les eaux des rivières sont polluées par des excès de nitrates et des résidus de pesticides.

Nous devons inverser cette logique et c’est possible. Comment ?

Déjà en disant la vérité. La force des lobbies agrochimiques et bancaires a conduit presque tout le monde a penser qu’il n’y avait pas d’autres solutions. On a fait croire qu’il fallait exporter nos produits pour nourrir les pays en voie de développement alors qu’on a détruit les cultures vivrières de ces pays. On nous explique qu’il nous faudra nourrir l’humanité alors que dès maintenant on constate l’échec et que nous savons qu’avec diverses formes d’agricultures naturelles nous pourrons nourrir plus de 10 milliards d’êtres humains.
En remplaçant ces pratiques dominantes ( soutenues par l’Europe et les gouvernements ) par des modes de production que nous connaissons et qu’il nous faut réadapter à chaque territoire : l’agroforesterie, les diverses formes d’agriculture biologiques, la permaculture, etc. Ces diverses manière de produire nous les appelons " l’agriculture naturelle ".

Nous devons, producteurs et consommateurs, nous rencontrer pour travailler ensemble, renforcer toutes les formes de commercialisation directe, ou avec des circuits très courts, où la transparence et la confiance comptent autant que le prix.
Nous devons aider les agriculteurs conventionnels, tout comme ceux qui ont un potager, un jardin familial, à retrouver les bonnes pratiques agricoles, adaptées à notre territoire : ces pratiques qui s’affirment et trouvent leur efficacité en échangeant des expériences multiples. Il nous faudra sans doute nous enrichir des nouvelles connaissances sur la vie microbienne des sols, sur les écosystèmes qui favorisent la multiplication des auxiliaires des plantes et ainsi mieux combattre les parasites des cultures. Nous pourrons aussi échanger sur les diverses formes d’organisation entre producteurs et consommateurs.
C’est par une nouvelle dynamique locale que des solutions concrètes prendront racines dans nos campagnes. C’est ainsi que nous pourrons retrouver progressivement une autonomie alimentaire dans chacun des territoires essentiellement à partir des productions locales.