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L’eau : Dossier (qualité, sécheresse, ...)

Le statut de ressource vitale qui lui est attribué devrait interdire la notion même de marché de l’eau. Qui, en effet, oserait faire le commerce de l’eau, source de vie ?

Ecouter aussi : L’eau, un bien de plus en plus rare.

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Aout 2020 : Courrier International publie un hors-série sous forme d’atlas qui explore les aspects économiques, sanitaires et géopolitiques de l’eau. "L’eau, un bien commun qui se raréfie. Menacé par notre consommation, notre volonté de le contrôler, cet élément vital est un sujet d’urgence, un motif de casus belli." Atlas de l’eau.

La guerre de l’eau a commencé. La consommation d’eau douce mondiale a augmenté d’environ 1 % par an entre 1987 et 2015. Beaucoup de régions atteignent les limites de leur approvisionnement. Alors que la population mondiale augmente, l’écoulement d’eau douce n’arrive pas à suivre.
Et pourtant, les multinationales qui s’accaparent les eaux de source pour le seul profit financier, barrages privant les pays aval de ressources, des coupures de la distribution pour conquérir des territoires, vente d’eau 52 fois plus cher que le prix proposé par le service public dans des quartiers sans adduction, ... L’eau, indispensable à la vie, devient un moyen de pression. Les exemples se multiplient dans le monde depuis quelques années.
Selon les experts, le dérèglement climatique devrait en effet entraîner une augmentation de la fréquence, de la durée et de l’intensité des épisodes de sécheresse d’ici à 2050. Cela se traduira par une diminution des débits des rivières de 10 à 40% à l’horizon 2046-2065.

L’enjeu de la répartition. L’eau suscite des convoitises. Aujourd’hui l’industrie en utilise 6%, le secteur de l’énergie 22%, l’eau potable représente 24% de la consommation et l’agriculture 48% (79% en période estivale !).
Les exploitants demandent la création de retenues pour stocker l’eau en hiver, pour l’utiliser en été. Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a promis, de simplifier les procédures pour créer ces réserves. Pas sûr que cela suffise. "Ce sont des solutions simplistes, coûteuses, destructrices de la biodiversité, qui privatisent l’eau et aggravent la sécheresse des milieux naturels en aval", dénonce ­Arnaud ­Schwartz, le président de l’association France nature environnement (FNE), qui n’hésite pas à attaquer en justice. Ces dernières années, les contentieux se sont multipliés : 21 sur les 34 projets de retenues dans le bassin Loire-Bretagne, 41 sur 60 en Adour-Garonne.

Des solutions immédiates : Face aux sécheresses répétées, certains appellent à aller plus loin. "Les agriculteurs doivent changer de paradigme", exhorte la FNE.
La piste de l’agroécologie : Replanter des haies pour retenir l’eau. Des arbres pour avoir de l’ombre. Couvrir toute l’année le sol de végétaux pour retenir l’humidité. Éviter le labour et les pesticides pour maintenir la vie souterraine, la matière organique, qui favorise elle aussi la rétention d’eau. Et préserver les zones humides. Afin d’inciter les agriculteurs à s’engager dans cette voie, le rapport parlementaire publié en juin propose de créer un fonds de 1 milliard d’euros pour financer les "paiements pour services environnementaux" (déjà expérimentés) sur la période 2021-2025. Extraits : JDD 02 aout 2020.
Pour aller plus loin :
Géopolitique et guerre de l’eau
Et relire : Guerres de l’eau inevitables.

Juillet 2020 : Restrictions d’eau en France. 10 départements sont concernés par des mesures de restriction d’eau, selon le site Propluvia. Cinq sont en alerte localisée sur une partie de leur territoire (Côte d’or, Nièvre, Ain, Rhône et Drome) ce qui entraîne, au niveau agricole, une réduction des prélèvements inférieure à 50 % (ou interdiction jusqu’à 3 jours par semaine). Les cinq autres sont en situation d’alerte renforcée (le Nord, le Loiret, la Saône-et-Loire, le Tarn et le Lot), ce qui implique une réduction des prélèvements à des fins agricoles supérieure ou égale à 50 % (ou interdiction supérieure ou égale à 3,5 jours par semaine). Enfin, 13 départements sont en situation de vigilance.
Combien de litres d’eau pour produire ...

Boire l’eau du robinet c’est préserver sa santé et son porte-monnaie.

(mars 2020) En cette période de crise sanitaire, nous ne devons pas oublier la protection de l’environnement. L’eau du robinet est plus écologique que l’eau en bouteille. L’impact des bouteilles d’eau en plastique sur l’environnement est en effet loin d’être négligeable. Elles représentent 150 000 tonnes d’emballages par an, soit 7 milliards bouteilles d’eau en France. Sans oublier la pollution en CO2 générée par leur fabrication et leur transport jusqu’aux rayons de nos grandes surfaces. L’empreinte carbone de l’eau du robinet est quasi nulle. Lire plus sur CLCV.

L’eau nécessaire à l’alimentation.

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L’eau est une ressource vitale pour l’humanité et comme le mettent en évidence les estimations de Water Footprint Network, l’agriculture et la production alimentaire ont besoin de quantités d’eau plus ou moins importantes selon les types de production et les étapes de transformation. Si cet argument écologique souvent évoqué par les végétariens est bien connu : plus de 15 000 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilogramme de viande bovine, beaucoup ignorent que les productions de chocolat et de café sont aussi extrêmement gourmandes en eau. Source : Statista

L’eau. Indispensable à la vie sur terre elle va manquer à la moitié de la population mondiale.

L’eau est partout sur la planète (72% de sa surface). Et pourtant près de 2,2 milliards d’êtres humains n’ont toujours pas accès à des services d’alimentation domestique en eau potable gérés en toute sécurité. ‘’Pire, en Afrique subsaharienne, le nombre de personnes utilisant de l’eau probablement contaminée a augmenté de 45 % entre 2000 et 2017”, alerte l’expert Gérard Payen. 4,2 milliards d’êtres humains ne disposent toujours pas de services d’assainissement gérés en toute sécurité, soit 55% de la population mondiale.
Résultat, 2,6 millions de personnes meurent toujours chaque année de maladies liées à l’eau, ce qui fait de l’eau insalubre une des premières causes de mortalité au monde. Lire plus sur Solidarites.org

A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, dimanche 22 mars 2020, les Nations Unies annoncent dans un imposant rapport que l’eau douce va prochainement manquer à des milliards de personnes, jusque dans des régions du monde où les précipitations sont pour l’instant abondantes. . L’Organisation météorologique mondiale consacre sa propre journée internationale, lundi 23 mars, au thème de l’eau et du changement climatique. Site des Nations Unies.

Pollution par l’exemple

Si la situation sanitaire du mois de mars 2020 est dramatique, la bonne nouvelle vient de Venise, où les eaux ont retrouvé leur clarté et la faune y a même refait son apparition.

Voilà maintenant 15 jours que le pays est en confinement total. Un état d’urgence décrété par le gouvernement pour enrayer la pandémie qui touche tout particulièrement la péninsule italienne depuis plusieurs semaines maintenant. Si le contexte est alarmant côté terre, il est beaucoup plus rassurant côté mer.

À Venise, les canaux ont retrouvé de leur superbe. Les eaux vénitiennes sont désormais bien plus claires : un phénomène s’expliquant notamment par le fait que les gondoles, les vaporettos et autres navires de croisières sont à l’arrêt. En outre, certaines zones laissent même apercevoir plusieurs bancs de poissons, plus rares depuis de longues années à cause de l’affluence importante de l’Homme sur les eaux de la ville. Attirés par le calme olympien qui règne, plusieurs cygnes blancs ont même fait escale sur les canaux de la Cité des Doges.

Un cadre idyllique rappelant la "Venise d’antan", explique le journal local La Nuova di Vene­zia e Mestre : celle "de l’après-guerre, où il était même possible de nager dans les eaux des canaux". Source : www.linfodurable.fr

La sécheresse.

Le changement climatique se manifeste par des périodes de sécheresses plus long et plus fréquents dans divers endroits du monde. L’Australie, le Sahel et la région de la Corne de l’Afrique, les États-Unis d’Amérique, le Mexique, le nord-est du Brésil, certaines régions de Chine et d’Inde, la Fédération de Russie et l’Europe du Sud-Est sont les zones les plus touchées ces dernières années.

En matière de définition chaque pays à ses critères pour déclarer une zone en état de sécheresse. Par exemple en France on parlera de "sécheresse absolue[1]" lorsqu’il n’y aura pas eu de pluie pendant 15 jours consécutifs au minimum ; aux Etats-Unis, si une zone étendue reçoit seulement 30 % de précipitation ou moins que d’habitude pendant au moins 21 jours, alors on parlera de sécheresse.

Les différents types de sécheresses :

la sécheresse météorologique correspondant à un déficit prolongé de précipitations ;
 la sécheresse agricole qui se caractérise par un déficit en eau dans les sols d’une profondeur maximale de 2 mètres, qui a un impact sur le développement de la végétation. Ce type de sécheresse va dépendre des précipitations reçues sur la zone, ainsi que de l’évapotranspiration[3] des plantes. Cette sécheresse sera donc sensible au climat environnant, soit l’humidité, les précipitations, la température ambiante, le vent mais aussi le sol et les plantes ;
 la sécheresse hydrologique se manifeste lorsque les cours d’eaux (nappes souterraines, lacs ou rivières) montrent un niveau anormalement bas. Les précipitations vont être un facteur clé, mais aussi du type de sol contenant les cours d’eau, selon s’il est perméable ou non ce qui va jouer sur l’infiltration et le ruissellement de l’eau.