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La Festa 2016 et après ?

Au delà des considérations festives le but de la manifestation était de faire se rencontrer les réseaux d’économie solidaire, français et italiens pour une confrontation des organisations et des objectifs dans la pratique des circuits courts, de la solidarité, ... . Cinq thématiques étaient retenues dans des forums ouverts aux associations présentes.

  •  Forum 1 - « Circuit Court OVNI Juridique ? » - Les GAS italiens ont un statut juridique d’association à but non lucratif, non commerciale. En France, nous sommes dans le flou total. Que désirons-nous ?

L’avis : après les constats exprimés par les associations des Hautes-Alpes, de Paris, de Lille, chacun évoque ses difficultés. Le manque de débat prospectif ne permet pas de dégager une ligne commune pour la recherche de solutions à mettre en place qui pourraient profiter à tous.

  •  Forum 2 - « Un intermédiaire dans le circuit court.. Pourquoi pas ? Mais... » - Sont invités à participer aux débats les intermédiaires en circuit court de notre département : Paysans bio, Juncha, Echange paysan, la Carline, Au plus près, Mon paysan alpin, Vinomélody, Zinmag ...

L’avis : Chaque intervenant défend son projet et ses pratiques (avec les difficultés et les objectifs). La notion d’intermédiaire est d’autant plus faussée dans notre exemple d’achats d’agrumes aux siciliens que Le Galline Felici sont déjà un intermédiaire et lorsqu’un deuxième intermédiaire (commercial) se greffe en France il est bien évident que la notion de circuit court perd tout son sens. D’autant que cet intermédiaire pratique une marge commerciale supérieure au prix payé au producteur sicilien pour son travail. Alors !?

  • Forum 3 - « Quand les consommateurs organisent leurs circuits courts  » - Sont invités : des GAS (Groupements d’Achats Solidaires) italiens, des GAS de France, l’AMAP de Veynes ...

L’avis : Comme pour les forums précédents le temps des présentations laisse que trop peu de place à la mise en valeur des pratiques qui pourraient être partagées, dupliquées, mutualisées. Il apparaît que peu de groupements sont prêts à partager leurs pratiques comme peuvent le faire les italiens dans les Groupements d’Achats Solidaires (G.A.S.) qui ont généré des réseaux puis les Districts d’Economie Solidaire (D.E.S.). Nous aurions aussi pu évoquer les Banques du Temps (BdT) nées au début des années 80 en Italie à l’initiative de femmes. Lire : En Italie, une autre économie.

  •  Forum 4 - « Quand les producteurs court-circuitent les réseaux de la grande distribution » - Sont invités : Le Galline Felici, Agribio, des producteurs locaux, sur les thèmes :
    • la co-production,
    • Projets d’agriculture sociale avec les migrants.
    Invitation des associations qui accueillent des migrants (France Terre d’Asile, le CADA, Mapemonde, Cimade et les groupes de bénévoles...).

L’avis : C’est l’occasion de découvrir ce qui se fait ici et en Sicile. La forte implication sociale et politique des siciliens présents s’inscrit dans une recherche permanente de connexions et d’implications dans des projets aussi divers que : Cinefest, SOS Méditerranée, SIQILLYAʼH, ... De belles expériences et un généreux travail pour tous. Il est dommage que dans nos formes d’organisations il y ait peu de place à la coopération inter-association.

  •  Forum 5 - « Quels réseaux pour nos circuits courts, réseaux d’économie solidaire ? ». En Italie existent des DES (district d’économie solidaire) et des RES (réseaux d’économie solidaire). En France, quels réseaux pour nous ? Ceux qui existent... Ceux à créer… Jusqu’où collaborer ?

L’avis : C’est probablement le moment le plus frustrant de ce moment de partage. Nos amis siciliens étaient venus avec un projet déjà évoqué dans la lettre d’information des Galline il y a plusieurs mois. Il s’agit d’une forme d’aide qui participe, financièrement, à la plantation de nouvelles surfaces d’arbres fruitriers (avocatiers, citronniers, ...). L’engagement des consommateurs, financier au départ, est garanti par une livraison "prioritaire" et remboursable en valeur de fruits. C’est à priori "gagnant/gagnant". Mais pour cet atelier le débat tourne court et les français présents n’ont d’autre souci que de chercher des solutions aux détails techniques et juridiques que soulèvent ce type d’engagement.
Nous n’avons même pas été capables de dire aux siciliens si nous étions d’accord sur le principe du projet. Il aurait été intéressant de lancer un groupe de travail inter-associations qui chercherait une formule de coopération.

La Festa 2016 restera un bon souvenir pour les belles rencontres quelle a permis. Pour fédérer nos initiatives il faudra accepter de travailler ensemble et apprendre à se parler. Mais tout est possible.

Avis de Jacques Solomiac sur les échanges thématiques organisés pendant la Festa.